BAMAKO, 2 août – L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a été arrêté et inculpé à la suite d’une publication sur les réseaux sociaux dénonçant la restriction croissante de l’espace démocratique au Mali sous le régime militaire, selon une déclaration de son avocat vendredi soir.
Mara, qui a dirigé le gouvernement malien entre 2014 et 2015, est l’une des rares figures publiques à avoir publiquement exprimé son désaccord face aux récentes mesures autoritaires prises par les autorités de transition. Celles-ci comprennent notamment la dissolution des partis politiques et l’octroi au colonel Assimi Goita, actuel chef de l’État, d’un mandat présidentiel de cinq ans sans élections.
Le post en question, publié le 4 juillet, faisait écho aux préoccupations de la société civile et exprimait sa solidarité avec d’autres voix critiques du régime, aujourd’hui emprisonnées. Depuis cette publication, Mara a été convoqué à plusieurs reprises par les autorités judiciaires avant d’être formellement inculpé cette semaine.
Le mois dernier, le gouvernement malien a entériné un décret prolongeant le mandat de Goita, arrivé au pouvoir à la suite des coups d’État militaires de 2020 et 2021. Ce mandat, théoriquement renouvelable sans limite, intervient alors que le pays reste embourbé dans une insurrection djihadiste persistante et dans un isolement diplomatique croissant.
Les défenseurs des droits humains dénoncent une dérive autoritaire inquiétante, pointant notamment les arrestations d’opposants, les restrictions imposées à la presse, et la criminalisation de la dissidence. Le procès de Mara pourrait constituer un précédent alarmant dans un contexte où les libertés fondamentales semblent de plus en plus compromises.
Aucune date d’audience n’a encore été annoncée. L’avocat de Mara a déclaré qu’il contesterait vigoureusement les charges retenues contre son client, les qualifiant de « politiquement motivées » et de « violation flagrante de la liberté d’expression ».