L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, injustement condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale », ne figure pas sur la liste des 6 500 détenus graciés par le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l’occasion de la fête de l’indépendance. Un camouflet pour la diplomatie française qui misait sur ce 5 juillet pour obtenir un geste symbolique d’Alger.
Une grâce présidentielle encore hypothétique
L’unique espoir repose désormais sur une grâce individuelle à caractère humanitaire, en dehors des dates officielles, que Tebboune pourrait décider à tout moment, notamment au regard de l’état de santé préoccupant de l’écrivain, atteint d’un cancer de la prostate. Mais Alger semble déterminée à ne pas céder sous la pression médiatique et diplomatique française. Certains médias algériens dénoncent même une obsession autour de Sansal, qualifié de « Français de six mois », et s’insurgent contre l’emballement politique à Paris. Alors que le délai pour un éventuel pourvoi en cassation expire mercredi, le silence d’Alger continue d’alimenter la tension entre les deux rives de la Méditerranée.