La commission du développement durable de l’Assemblée nationale devra patienter quelques jours de plus avant d’entendre Shein. L’enseigne chinoise, déjà au cœur de plusieurs polémiques liées aux produits qu’elle commercialise en France, a signalé qu’elle ne pourrait pas répondre à la convocation initialement fixée au 26 novembre. Elle a invoqué une audience judiciaire prévue le même jour devant le tribunal judiciaire de Paris, où les magistrats doivent examiner la demande de suspension de son site après la découverte de ventes de poupées sexuelles à l’apparence enfantine et d’armes de catégorie A. Ce télescopage d’agendas a conduit la présidente de la commission, Sandrine Le Feur, à reporter l’audition au 2 décembre.
Un refus de date qui agace les députés
Ce report intervient dans un contexte tendu. La députée Renaissance a indiqué avoir pris acte du refus de comparution pour le 26 novembre, en rappelant que la représentation nationale ne saurait être traitée comme une option par une entreprise opérant sur le territoire français. Elle a affirmé avoir immédiatement proposé une nouvelle date et averti qu’en cas de nouveau refus, elle saisirait le procureur de la République. Ce rappel à l’ordre vise à souligner l’obligation pour la plateforme de se présenter devant les élus, alors que les inquiétudes sur les contrôles des produits importés s’accumulent depuis plusieurs mois. Shein assure pour sa part ne pas contester le principe de l’audition. L’entreprise évoque uniquement un problème de disponibilité lié à la procédure judiciaire en cours à Paris, procédure qui s’annonce lourde pour son avenir dans l’Hexagone. La plateforme avait déjà décliné une audition le 18 novembre devant une mission d’information parlementaire consacrée aux importations, ce qui contribue à alimenter le malaise autour de sa coopération avec les autorités françaises.
Une audition sous haute tension le 2 décembre
Cette convocation décalée intervient au moment où Shein affronte un examen minutieux de la part des députés, des régulateurs et des associations de défense des consommateurs. La question de la conformité des produits, de leur traçabilité et des risques qu’ils peuvent représenter occupe une place centrale dans les échanges entre la France et la plateforme chinoise. Le tribunal de Paris devra par ailleurs trancher sur la suspension provisoire du site, une décision potentiellement lourde de conséquences pour l’entreprise. L’audition du 2 décembre s’annonce donc cruciale. Elle devra apporter des réponses sur la manière dont Shein contrôle les articles mis en vente et sur les garanties qu’elle peut offrir pour éviter la mise sur le marché de produits dangereux ou illicites. Les députés, qui entendent renforcer le cadre de supervision des plateformes d’importation, attendent de cette séance un engagement clair et une transparence totale. En cas de nouvelle absence, la saisine du parquet pourrait ouvrir une séquence judiciaire bien plus contraignante pour l’entreprise.