La police britannique pourra désormais communiquer l’origine ethnique et la nationalité de suspects dans certaines affaires sensibles afin de limiter la propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux. Cette mesure, annoncée mercredi, marque un changement notable dans les pratiques de communication des forces de l’ordre, jusqu’ici soumises à des directives strictes pour préserver le droit à un procès équitable.
Le débat avait été ravivé l’an dernier après le meurtre de trois jeunes filles à Southport, qui avait provoqué plusieurs jours d’émeutes à la suite de rumeurs infondées affirmant que le suspect adolescent était un migrant islamiste. Plus récemment, la controverse s’est intensifiée avec l’affaire d’un viol présumé sur une fillette de 12 ans dans le centre de l’Angleterre. Le parti populiste Reform UK, en tête des sondages, avait alors accusé la police de dissimuler le statut migratoire des suspects.
Dans ce dernier dossier, des manifestations anti-immigration avaient éclaté après qu’un responsable local avait affirmé que les suspects étaient des demandeurs d’asile, tandis que la police affirmait ne pas pouvoir confirmer cette information en raison des règles en vigueur.
Selon les nouvelles directives du Conseil national des chefs de police (NPCC) et du Collège de police, les forces de l’ordre seront désormais encouragées à divulguer ce type de détails lorsqu’ils estiment que cela peut « réduire le risque pour la sécurité publique » et contrer la diffusion de rumeurs ou de fausses informations. Ce changement vise à renforcer la confiance du public et à éviter que les réseaux sociaux ne deviennent le principal vecteur d’information dans les affaires les plus médiatisées.