Quatre militants pro-démocratie libérés à Hong Kong après plus de quatre ans de prison
Quatre militants pro-démocratie libérés à Hong Kong après plus de quatre ans de prison

HONG KONG — Quatre figures du mouvement pro-démocratie de Hong Kong, dont le militant emblématique Jimmy Sham, ont été libérées vendredi après avoir passé plus de quatre ans derrière les barreaux. Leur libération intervient dans le cadre du procès très médiatisé des « 47 démocrates », accusés de subversion en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin.

Jimmy Sham, figure connue pour son engagement en faveur des droits civiques et LGBTQ+, était l’un des leaders du désormais dissous Front civil des droits de l’homme (CHRF), organisateur des gigantesques manifestations de 2019. À son retour dans sa résidence du quartier jordanien de Kowloon, Sham a sobrement déclaré : « Laissez-moi passer du temps avec ma famille. »

Aux côtés de Sham, Kinda Li, Roy Tam et Henry Wong figurent également parmi les libérés. Ils rejoignent ainsi un premier groupe de quatre militants, dont les anciens députés Claudia Mo et Jeremy Tam, sortis de prison fin avril.

Ces libérations marquent une étape symbolique dans un procès qui a cristallisé les tensions entre les autorités hongkongaises, soutenues par Pékin, et la communauté internationale. Les 47 accusés avaient été arrêtés début 2021 pour avoir organisé une primaire informelle visant à sélectionner des candidats pro-démocratie pour les élections législatives, prévues mais finalement reportées.

Le gouvernement a vu dans cette primaire un « complot » pour saboter les institutions en votant systématiquement contre le budget. Un acte qualifié de subversif au regard de la loi sur la sécurité nationale. Résultat : 45 des 47 accusés ont été condamnés, certains à des peines allant jusqu’à 10 ans de prison. Seules deux personnes ont été acquittées.

Les critiques internationales n’ont pas tardé. Les États-Unis et plusieurs pays européens ont dénoncé un procès « politique » et appelé à la libération des accusés. De leur côté, les autorités de Hong Kong et de Pékin maintiennent que les accusés ont bénéficié d’un procès équitable et que la loi s’applique « à tous, sans exception ».

Avec ces libérations, l’attention se porte désormais sur les peines à venir pour les condamnés encore incarcérés, et sur l’avenir du mouvement démocratique dans une ville profondément transformée depuis les manifestations de 2019.

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