L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a obtenu mercredi un soutien inattendu au sein de la Cour suprême. Le juge Luiz Fux a voté pour son acquittement dans le procès où il est accusé d’avoir fomenté un complot pour renverser les résultats de l’élection présidentielle de 2022, marquant ainsi une rupture avec ses collègues magistrats.
Le procès, qui se déroule devant un panel de cinq juges, a déjà vu deux magistrats voter en faveur de la condamnation de l’ex-chef d’État. Deux autres doivent encore se prononcer. Le choix de Fux, en faveur de l’annulation de la procédure pour incompétence, ouvre la voie à de nouvelles contestations judiciaires et accroît les perspectives d’appel pour la défense de Bolsonaro.
Bolsonaro, qui a dirigé le Brésil de 2019 à 2022, est poursuivi pour avoir tenté de renverser les institutions et d’empêcher la passation du pouvoir à son successeur, Luiz Inácio Lula da Silva, après sa défaite électorale. Il est également accusé d’avoir alimenté les émeutes du 8 janvier 2023 à Brasilia, au cours desquelles des partisans ont envahi et saccagé les sièges des institutions fédérales.
L’ancien président, qui nie toute implication, dénonce un procès politique. Ses avocats affirment que la Cour suprême n’a pas compétence pour juger l’affaire, un argument repris par le juge Fux dans son vote.
Le verdict final dépendra désormais des deux juges restants. Si Bolsonaro était reconnu coupable, il risquerait une lourde peine de prison et une interdiction d’exercer des fonctions publiques, ce qui compromettrait ses ambitions politiques. En revanche, l’acquittement ou l’annulation du procès constituerait une victoire majeure pour ses partisans, dans un pays toujours polarisé par son héritage.