Polémique autour du partenariat entre La Poste et Temu : le gouvernement monte au créneau
Polémique autour du partenariat entre La Poste et Temu : le gouvernement monte au créneau

L’alliance annoncée entre La Poste et la plateforme chinoise Temu n’en finit pas de provoquer des remous politiques. Mercredi 22 octobre, à l’Assemblée nationale, le ministre du Commerce et des PME Serge Papin a exprimé sa « déception » et son « étonnement » face à cet accord logistique, estimant qu’il offrait un accès privilégié au marché français à une entreprise accusée de « dumping » et de non-respect des normes environnementales et sociales. Ce partenariat, signé récemment, permet à Temu d’utiliser les services de La Poste pour l’entreposage, la préparation et la livraison de ses colis en France, comme n’importe quel client professionnel. Officiellement, il s’agit d’un accord commercial classique. Officieusement, il est perçu comme un cheval de Troie favorisant une plateforme déjà très contestée.

Temu, symbole d’une concurrence jugée déloyale

Temu, filiale du géant chinois Pinduoduo, s’est imposée en Europe grâce à ses prix ultra-compétitifs et sa stratégie agressive. En France, elle cristallise les critiques depuis des mois. Ses détracteurs dénoncent une avalanche de produits à bas coût, souvent non conformes, issus d’une production peu transparente et polluante. L’Alliance du commerce et la fédération Procos ont immédiatement fustigé l’accord, estimant qu’il « facilitait l’accès » de Temu au marché français « au détriment des enseignes implantées sur le territoire ». Le gouvernement partage ces inquiétudes. Serge Papin a rappelé à l’Assemblée que ces plateformes « ne respectent pas nos normes » et « n’ont que faire de nos ambitions écologiques ». Selon lui, cet accord jette une ombre sur la « concurrence loyale » et fragilise les acteurs français déjà soumis à des charges fiscales et sociales bien plus lourdes.

Une taxe sur les colis étrangers dans le viseur

Face à la montée en puissance de Temu et de son concurrent Shein, le projet de budget 2026 prévoit la création d’une taxe spécifique sur les petits colis expédiés depuis des pays extérieurs à l’Union européenne. Objectif : freiner la pénétration de ces plateformes qui inondent le marché avec des produits bon marché tout en échappant largement aux taxes douanières. Mais la nouvelle présidente de La Poste, Marie-Ange Debon, auditionnée mercredi par les députés, a tempéré ces ambitions. Selon elle, les importateurs chinois trouveront « assez aisément » les moyens de contourner la taxe en regroupant leurs expéditions « dans des containers ou sur palettes ». Serge Papin a reconnu lui-même la limite de la mesure, plaidant pour une initiative à l’échelle européenne. « Évidemment, on se bat aussi pour que cette taxe soit européenne », a-t-il insisté. Reste que cette controverse illustre un malaise plus profond : celui d’un service public historique, La Poste, désormais pris entre impératifs commerciaux et responsabilités nationales face à la concurrence étrangère.

Que retenir rapidement ?

L’alliance annoncée entre La Poste et la plateforme chinoise Temu n’en finit pas de provoquer des remous politiques. Mercredi 22 octobre, à l’Assemblée nat

Partager