Le Conseil exécutif de l’UNESCO a choisi lundi l’Égyptien Khaled El-Enany comme futur directeur général de l’agence culturelle des Nations Unies, selon plusieurs sources diplomatiques. L’ancien ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités a obtenu une large majorité, avec 55 voix contre 2, face à son concurrent congolais Édouard Firmin Matoko. Les États-Unis, membres de l’organisation depuis leur retour récent, se sont abstenus de voter.
Khaled El-Enany, 53 ans, est archéologue et universitaire reconnu, spécialiste du patrimoine pharaonique. Il a dirigé plusieurs chantiers archéologiques majeurs en Égypte avant d’occuper des fonctions gouvernementales clés. Son profil, à la croisée de la culture et de la diplomatie, a séduit de nombreux États membres cherchant à renforcer le rôle de l’UNESCO dans la préservation du patrimoine mondial et la promotion du dialogue interculturel.
Cette élection, qui doit encore être formellement entérinée par la Conférence générale de l’UNESCO, marque une première pour l’Égypte, qui n’avait encore jamais accédé à la tête de l’organisation. Elle intervient dans un contexte de recomposition diplomatique au sein des institutions multilatérales, où les pays du Sud cherchent à peser davantage dans les grandes instances internationales.
El-Enany succéderait ainsi à la Française Audrey Azoulay, dont le mandat s’achève après huit années marquées par le retour des États-Unis à l’organisation, la modernisation de ses programmes éducatifs et la défense du patrimoine en zones de conflit.
Son arrivée à la direction de l’UNESCO devrait s’accompagner d’un accent renouvelé sur la coopération culturelle et scientifique entre le Nord et le Sud, ainsi que sur la protection du patrimoine mondial face aux menaces du changement climatique et des conflits armés.