Le Parlement écossais a approuvé mardi un projet de loi autorisant l’aide médicale à mourir pour les adultes atteints de maladies en phase terminale, marquant un tournant historique dans le débat éthique et législatif au Royaume-Uni. Cette décision intervient lors d’un vote clé qui rapproche l’Écosse de l’adoption d’une législation que seuls quelques pays dans le monde, comme la Suisse, le Canada ou la Nouvelle-Zélande, ont déjà mise en œuvre.
Le texte, porté par le député libéral-démocrate Liam McArthur depuis 2021, va désormais passer à l’étape de l’étude en commission, où il pourra être amendé avant un vote final. Il s’agit de la troisième tentative du Parlement écossais pour légaliser l’aide à mourir, les précédentes ayant échoué en 2010 et en 2015. Mais le climat politique et sociétal semble avoir évolué. « L’humeur politique a radicalement changé au cours des dix dernières années », a estimé McArthur devant ses partisans réunis à Holyrood.
Le projet de loi prévoit que seules les personnes mentalement capables, majeures, et résidant en Écosse depuis au moins un an, pourront faire la demande d’une aide à mourir. Deux médecins indépendants devront confirmer le diagnostic de maladie incurable et s’assurer du libre arbitre du patient. Une période de réflexion obligatoire de 14 jours est également incluse. La substance létale devra être auto-administrée par le patient lui-même, une mesure qui vise à limiter les abus.
Le débat reste cependant très clivant. Les partisans du texte invoquent la compassion, la dignité et le droit de choisir sa fin de vie. Selon les derniers sondages, une majorité de Britanniques — Écossais compris — soutient la légalisation de l’aide médicale à mourir. De nombreuses familles ayant accompagné des proches dans des fins de vie douloureuses ont témoigné en faveur de la réforme.
En revanche, ses détracteurs redoutent les dérives. Le groupe de campagne Better Way a averti que les personnes handicapées, atteintes de démence ou socialement vulnérables pourraient se sentir poussées à choisir la mort, même contre leur volonté réelle. Miro Griffiths, porte-parole du groupe, a exprimé ses inquiétudes : « La pression sociale, les inégalités économiques et le manque de services de soins adéquats pourraient faire basculer les personnes les plus fragiles vers une décision irréversible. »
Ce vote en Écosse fait écho à une dynamique plus large au Royaume-Uni. L’année dernière, le Parlement britannique s’était prononcé favorablement à un texte similaire pour l’Angleterre et le pays de Galles. L’initiative écossaise pourrait ainsi raviver le débat dans l’ensemble du royaume, où la question de la fin de vie reste éminemment sensible, entre éthique médicale, liberté individuelle et protection des plus vulnérables.
L’avenir du projet de loi écossais dépendra désormais du travail des commissions parlementaires et du consensus politique qui se dégagera dans les mois à venir. Mais pour ses partisans, le vote de mardi constitue déjà une avancée majeure vers une reconnaissance légale du droit à mourir dans la dignité.