Le ministre de la Justice de la République tchèque, Pavel Blažek, a annoncé vendredi sa démission à la suite d’un scandale impliquant un don en cryptomonnaie qui secoue la scène politique à quelques mois des élections législatives.
Le scandale porte sur un don de bitcoins reçu par le ministère de la Justice, revendus plus tôt cette année pour environ 1 milliard de couronnes tchèques (soit plus de 45 millions de dollars). L’opposition a vivement critiqué l’opération, estimant que la provenance des fonds restait opaque et potentiellement entachée de blanchiment d’argent.
Pavel Blažek a affirmé ne pas avoir connaissance de la moindre irrégularité, mais a décidé de se retirer pour ne pas nuire à la coalition gouvernementale dirigée par le Premier ministre conservateur Petr Fiala. Ce dernier a salué la décision de son ministre et déclaré croire à sa bonne foi. Membre influent du Parti civique démocrate (ODS), Blažek était un proche allié de Fiala.
La controverse s’est intensifiée après qu’il a été révélé que le donateur des bitcoins était une personne déjà condamnée pour trafic de drogue et autres délits. L’opposition, emmenée par le parti populiste ANO de l’ancien Premier ministre Andrej Babiš, a dénoncé un possible cas de blanchiment, d’autant que les motifs exacts du don restent flous.
L’affaire est actuellement entre les mains de l’unité spécialisée dans la criminalité organisée de la police. Elle intervient à un moment politiquement sensible, alors que les élections parlementaires prévues les 3 et 4 octobre s’annoncent cruciales. Le parti ANO est donné favori dans les sondages, et ce scandale pourrait affaiblir davantage le gouvernement sortant.