Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul et principal rival du président turc Recep Tayyip Erdoğan, comparaît aujourd’hui, vendredi, devant un tribunal pour la première fois depuis son arrestation très médiatisée le mois dernier, dans le cadre d’accusations antérieures d’insulte à l’égard d’un procureur.
L’audience se tiendra dans un complexe judiciaire et pénitentiaire situé dans le district de Silivri à Istanbul, où İmamoğlu est actuellement détenu. Elle portera sur des accusations d’insulte et de menace envers le procureur principal d’Istanbul.
Le maire a été placé en détention provisoire en mars dans le cadre d’une autre affaire portant sur des accusations de corruption et d’assistance à une organisation terroriste. Cette arrestation a suscité de vastes protestations, une forte vente d’actifs turcs et de nombreuses critiques dénonçant une instrumentalisation politique du système judiciaire.
Le parquet réclame jusqu’à sept ans et quatre mois de prison à l’encontre d’İmamoğlu en raison de déclarations faites plus tôt cette année dans lesquelles il critiquait le procureur principal Akın Gürlek.
L’acte d’accusation, émis par l’unité antiterroriste du bureau du procureur général, l’accuse également d’avoir tenté d’intimider Gürlek.
İmamoğlu, membre du Parti républicain du peuple (CHP), n’a pas commenté publiquement ces accusations, mais rejette toutes les charges portées contre lui dans les autres affaires, affirmant qu’elles sont motivées politiquement.
Le CHP accuse le système judiciaire d’agir sur ordre d’Erdoğan, estimant que l’arrestation de plusieurs de ses maires s’inscrit dans une campagne plus large visant à neutraliser les responsables de l’opposition élus avant de futures élections nationales.
Le gouvernement, de son côté, rejette ces accusations, affirmant que la justice turque est indépendante.