Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a averti que le Brésil pourrait renoncer à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur s’il n’était pas finalisé d’ici la fin du mois. Selon lui, un nouvel échec des négociations conduirait Brasilia à ne plus signer le texte, après plus de deux décennies de discussions.
Cette prise de position intervient alors que l’Italie et la France ont fait savoir qu’elles n’étaient pas prêtes à soutenir l’accord dans sa forme actuelle. Ces réticences constituent un revers majeur pour le projet, au moment où la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devait se rendre au Brésil afin de sceller politiquement l’accord.
Négocié depuis près de 25 ans, le pacte UE-Mercosur est présenté par ses partisans comme un levier stratégique pour stimuler les échanges et compenser les effets des tensions commerciales mondiales, notamment avec les États-Unis. Il prévoit d’importantes réductions tarifaires et un accès élargi aux marchés entre l’Europe et plusieurs économies d’Amérique du Sud.
Mais l’accord suscite de fortes oppositions en Europe, en particulier dans le secteur agricole. Plusieurs pays craignent une concurrence accrue de produits sud-américains à bas coût, notamment la viande bovine, et s’inquiètent des normes environnementales et sanitaires.
Face aux hésitations européennes, Lula a insisté sur l’urgence de conclure, estimant que le Brésil ne pouvait rester indéfiniment dans l’attente. Sans compromis rapide, l’accord pourrait ainsi être remis en cause, malgré l’importance stratégique qu’il revêt pour les deux blocs.