La Pologne ne figure pas parmi les pays européens susceptibles de subir une réduction de la présence militaire américaine, a affirmé jeudi le vice-ministre polonais de la Défense, Pawel Zalewski, dans un contexte de réévaluation de l’engagement des États-Unis sur le continent. Cette déclaration intervient alors que Washington envisage de diminuer ses effectifs militaires stationnés en Europe, dans le cadre d’un recentrage stratégique initié sous la présidence de Donald Trump.
« Toutes les conversations que nous avons avec les Américains indiquent que la Pologne est le dernier pays d’où les Américains voudraient retirer [leurs troupes] », a déclaré Zalewski à Reuters. Le responsable a souligné que cette décision s’explique par la position géopolitique clé de la Pologne, située sur le flanc oriental de l’OTAN, à proximité immédiate de l’Ukraine en guerre.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, la présence militaire américaine en Pologne s’est accrue, consolidant le pays comme un pilier essentiel de la défense européenne. Les autorités polonaises considèrent que le maintien de cette présence est crucial non seulement pour la sécurité nationale, mais aussi pour celle de l’ensemble de l’alliance transatlantique.
La perspective d’un désengagement partiel des États-Unis en Europe est revenue au cœur des discussions avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Le président américain exerce une pression renouvelée sur les alliés de l’OTAN pour qu’ils augmentent leurs dépenses militaires et assument une part plus importante de leur propre défense.
Néanmoins, Varsovie se montre confiante quant à la solidité de son partenariat avec Washington. Selon Zalewski, la Pologne a fait ses preuves en tant qu’allié fiable, en investissant massivement dans ses forces armées et en accueillant plusieurs installations militaires stratégiques, y compris des bases américaines et des centres de commandement de l’OTAN.
Alors que d’autres pays européens pourraient voir les effectifs américains diminuer dans les mois à venir, la Pologne s’affirme, elle, comme une pièce maîtresse de la stratégie occidentale face aux menaces russes.