La Cour suprême du Brésil a confirmé lundi le placement en détention de l’ancien président Jair Bolsonaro, mettant fin à plus de cent jours d’assignation à résidence et durcissant encore la réponse de la justice aux accusations de tentative de coup d’État qui le visent. Un panel de quatre juges s’est prononcé à l’unanimité pour maintenir la décision prise samedi par le magistrat Alexandre de Moraes, qui invoquait un risque de fuite.
Les juges Flavio Dino, Cristiano Zanin et Carmen Lucia ont rejoint la position de Moraes, entérinant la détention policière de l’ex-chef de l’État. Bolsonaro, qui a toujours nié avoir fomenté un coup de force, attend désormais l’examen des derniers recours contre la peine de 27 ans de prison prononcée à son encontre pour tentative de renversement de l’ordre constitutionnel.
La décision intervient dans un climat politique tendu, alors que l’ancien président reste une figure centrale de la droite brésilienne et conserve un noyau dur de soutiens mobilisés. Depuis son arrestation et son transfert dans un quartier général régional de la police fédérale à Brasilia, des partisans se rassemblent régulièrement devant le bâtiment pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une persécution politique.
Pour la Cour suprême, le risque de voir Bolsonaro chercher à quitter le pays ou à entraver les investigations justifie le maintien en détention. Les magistrats s’appuient notamment sur son influence politique persistante et sur le caractère sensible des enquêtes en cours, qui visent à établir son rôle exact dans les événements ayant suivi la défaite électorale de 2022 et dans les attaques contre les institutions à Brasilia.
Ce nouveau tournant judiciaire pourrait peser sur la scène politique brésilienne à moyen terme. Le maintien derrière les barreaux d’un ancien président, condamné pour tentative de coup d’État mais encore très présent dans le débat public, risque d’alimenter la polarisation entre partisans et opposants, tout en testant la solidité des institutions brésiliennes face aux contestations venues de l’extrême droite.
La suite dépendra des voies de recours dont dispose encore la défense de Bolsonaro, qui promet de se battre jusqu’au bout pour faire annuler sa condamnation. En attendant, la décision de la Cour suprême confirme que l’ancien président affrontera les prochaines étapes de la procédure depuis une cellule, et non plus depuis son domicile.