Kim Jong Un confirme implicitement sa fille comme héritière du régime nord-coréen @AP
Kim Jong Un confirme implicitement sa fille comme héritière du régime nord-coréen @AP

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un semble avoir franchi une nouvelle étape dans la désignation de sa fille, Kim Ju Ae, comme probable successeur, après l’avoir emmenée en voyage officiel en Chine, ont indiqué jeudi des parlementaires sud-coréens, citant des informations transmises par les services de renseignement de Séoul.

Selon les députés, Kim Ju Ae, âgée d’environ 12 ans, n’est pas apparue publiquement lors de cette visite à Pékin et a séjourné à l’ambassade de Corée du Nord. Mais sa simple présence à l’étranger aux côtés de son père suffit, selon les experts, à renforcer l’idée qu’elle est préparée pour hériter du pouvoir. « C’est suffisant pour construire un récit autour de son statut de successeur », a expliqué Lee Seong-kweun, membre de la commission parlementaire sud-coréenne du renseignement.

Depuis fin 2022, la jeune Kim Ju Ae est apparue à de multiples reprises dans les médias officiels nord-coréens, souvent en compagnie de son père lors d’événements militaires, dont des lancements de missiles. Ces apparitions répétées avaient déjà alimenté les spéculations sur son rôle futur et sur la volonté du régime de préparer une transmission dynastique du pouvoir.

La Corée du Nord n’a jamais officiellement désigné de successeur à Kim Jong Un, mais l’attention médiatique accordée à sa fille contraste fortement avec la discrétion qui entourait jusque-là les enfants du dirigeant. Les services de renseignement sud-coréens estiment que cette mise en avant est intentionnelle et vise à habituer la population à l’idée d’une continuité héréditaire.

Ce développement intervient alors que Pyongyang renforce ses liens diplomatiques avec Pékin et Moscou, multipliant les échanges culturels et politiques, dans un contexte de tensions persistantes avec Washington et Séoul autour du programme nucléaire nord-coréen.

La perspective d’une succession dynastique, inédite pour une femme dans l’histoire du régime, soulève néanmoins de nombreuses interrogations quant à la capacité de Kim Ju Ae à s’imposer à terme dans un système dominé par l’élite militaire et masculine du pays.

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