Haïti : un homme d’affaires prend la tête de la présidence de transition, sous la menace persistante des gangs
Haïti : un homme d’affaires prend la tête de la présidence de transition, sous la menace persistante des gangs

PORT-AU-PRINCE, 7 août 2025 — L’homme d’affaires haïtien Laurent Saint-Cyr a officiellement pris la présidence tournante du Conseil présidentiel de transition (CPT) ce jeudi, marquant la dernière phase du processus transitoire engagé par Haïti avant la tenue des élections générales prévues pour novembre. Cette passation de pouvoir symbolise une étape cruciale dans les efforts du pays pour sortir de plusieurs années d’instabilité politique et de violences endémiques.

Laurent Saint-Cyr, connu dans le monde des affaires comme dirigeant de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti, succède ainsi à Edgard Leblanc Fils à la tête du CPT. Ce conseil collégial, mis en place après la démission forcée du Premier ministre Ariel Henry en avril, est chargé de mener le pays jusqu’aux élections présidentielles et législatives.

Mais la transition reste sérieusement menacée par la situation sécuritaire dans la capitale Port-au-Prince, où les gangs armés contrôlent toujours de vastes portions du territoire. Ces groupes criminels continuent de défier l’autorité de l’État, bloquant les routes principales, terrorisant les populations et sapant les efforts de stabilisation engagés par le gouvernement de transition.

Lors de son discours d’investiture, Saint-Cyr a appelé à l’unité nationale et au rétablissement de la sécurité, soulignant que « sans sécurité, il n’y aura ni élections crédibles ni reprise économique ». Il a également salué les efforts de la communauté internationale, notamment ceux de la mission multinationale de soutien à la sécurité dirigée par le Kenya, censée déployer des forces sur le terrain dans les prochaines semaines.

À quelques mois des élections, l’issue de cette transition demeure incertaine. Si la prise de fonction de Saint-Cyr marque un pas important vers un retour à l’ordre constitutionnel, les violences, les blocages administratifs et les crises humanitaires persistantes pourraient encore compromettre ce fragile processus.

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