Le ministère américain de la Justice a procédé vendredi au licenciement de neuf autres membres de l’équipe du procureur spécial Jack Smith, portant à au moins 26 le nombre total de personnes évincées depuis l’entrée en fonction du président Donald Trump en janvier dernier. Ces licenciements concernent principalement des employés impliqués dans les enquêtes sur la conservation de documents classifiés par Trump et ses tentatives présumées de renverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020.
Selon cinq sources proches du dossier citées par Reuters, deux des personnes licenciées vendredi étaient des procureurs récemment détachés depuis d’autres bureaux du procureur américain en Floride et en Caroline du Nord. Les sept autres étaient des membres du personnel de soutien de l’équipe de Smith. Ces décisions s’inscrivent dans une purge plus large initiée dès le début du second mandat de Donald Trump, notamment à l’encontre de ceux ayant été associés à des affaires judiciaires impliquant l’ancien président ou ses soutiens politiques.
La procureure générale Pam Bondi, nommée à ce poste par Trump, supervise ce processus de licenciement. Elle avait déjà congédié quatorze avocats le 27 janvier, tous impliqués dans les procédures judiciaires engagées contre l’ancien président dans le cadre de l’enquête du procureur spécial Jack Smith. Cette équipe avait été chargée d’enquêter sur la dissimulation de documents classifiés dans la résidence privée de Trump à Mar-a-Lago ainsi que sur ses tentatives présumées d’entraver le processus de certification de la victoire de Joe Biden.
Par ailleurs, le ministère de la Justice a également procédé ces derniers mois à des licenciements parmi les procureurs et agents en charge des dossiers liés à l’attaque du Capitole, le 6 janvier 2021. Deux procureurs et un superviseur ayant travaillé sur des affaires impliquant le groupe d’extrême droite Proud Boys ont été licenciés fin juin. Début juillet, un ancien porte-parole du ministère a également été congédié.
Cette série de licenciements soulève des inquiétudes parmi les observateurs du monde judiciaire et politique à Washington. Nombre de voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une politisation du ministère de la Justice. Le limogeage de membres clés de l’équipe de Jack Smith pourrait avoir des répercussions significatives sur les suites judiciaires liées à l’ancien président, à quelques mois des élections de novembre.