Emmanuel Macron: « Si la Terre se réchauffe, l’océan quant à lui est en ébullition. » Au sommet de l’ONU sur les Océans, le président tire la sonnette d’alarme
Emmanuel Macron: "Si la Terre se réchauffe, l’océan quant à lui est en ébullition." Au sommet de l'ONU sur les Océans, le président tire la sonnette d'alarme

À l’ouverture de la troisième Conférence des Nations unies sur les océans, qui se tient à Nice jusqu’au 13 juin, Emmanuel Macron a lancé un vibrant appel à la « mobilisation » générale. « Si la Terre se réchauffe, l’océan quant à lui est en ébullition », a-t-il insisté, décrivant les eaux mondiales comme déjà en état critique. Pour le président français, « la première réponse c’est donc le multilatéralisme », afin de structurer une réponse internationale cohérente face à cette urgence écologique .

Un traité ambitieux sur la haute mer

Adopté en 2023, le traité BBNJ, pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales, doit entrer en vigueur dès qu’il aura été ratifié par 60 pays, avec une période de latence de 120 jours. Emmanuel Macron a souligné que « la cinquantaine de ratifications déjà déposées ici même ces dernières heures » s’est enrichie de « quinze pays [qui] se sont formellement engagés à les rejoindre ». Avec cette dynamique, « l’accord politique est obtenu … ce traité … sera bien mis en œuvre. C’est donc gagné », a-t-il lancé, sans toutefois préciser de calendrier précis.

Pour rappel, seulement 50 États ont ratifié ce traité à ce jour, et environ 15 autres ont promis de le faire. La ratification de la France elle-même, le 5 février, a marqué le 17ᵉ pays à franchir le pas, après un processus parlementaire rapide.

« Ni le Groenland ni l’Antarctique ne sont à vendre. »

En marge du sommet, le président Macron a martelé un message géopolitique clair : « Les abysses ne sont pas à vendre, et pas plus que le Groenland n’est à vendre, pas plus que l’Antarctique ou la haute mer ne sont à vendre ». Il réaffirme ainsi la souveraineté collective sur ces espaces maritimes confrontés aux enjeux stratégiques, litigieux, et écologiques .

Des chiffres alarmants

À noter que seuls 2,7 % à 3 % des océans sont actuellement considérés comme protégés de manière efficace. L’objectif est de protéger 30 % de l’océan d’ici à 2030. À ce jour, moins de 3 % des eaux bénéficient d’une protection réelle. Environ 8,7 milliards € ont été promis pour une économie bleue durable, mais il subsiste un déficit d’environ 175 milliards $ annuels.

Face à cette situation alarmante, au-delà des déclarations, la conférence cherche donc à transformer les promesses en résultats tangibles. Un traité mondial pour réduire la pollution plastique est à l’étude. Également à l’ordre du jour, la lutte contre la pêche non durable, avec la suppression des subventions nuisibles via l’OMC et un renforcement des MPAs. Enfin, des ONG comme Greenpeace pointent du doigt les zones protégées « de papier » en France, où des pratiques destructrices comme le chalutage profond subsistent.

Vers une nouvelle gouvernance océanique

Selon Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, le traité BBNJ est indispensable pour créer des réserves marines et affronter la surpêche, la pollution plastique, les subventions dommageables, le changement climatique et l’acidification, sans lesquels les océans verront leur rôle de régulateur du climat s’effriter. Pour Emmanuel Macron et ses pairs, c’est le moment de démontrer que le multilatéralisme et la diplomatie internationale peuvent encore produire des résultats palpables pour sauver un océan en pleine « ébullition ».

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