Elisabeth Borne écartée du gouvernement, selon nos informations Entrevue
Elisabeth Borne écartée du gouvernement, selon nos informations Entrevue

Dans une interview au Parisien, Élisabeth Borne a surpris son propre camp en se disant favorable à une « suspension » de la réforme des retraites, celle-là même qu’elle avait portée à bout de bras en 2023 lorsqu’elle était Première ministre. Aujourd’hui ministre démissionnaire de l’Éducation nationale, elle affirme qu’« il faut savoir écouter et bouger ». Une déclaration lourde de symbole alors que Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionnaire, poursuit les consultations à la demande d’Emmanuel Macron, en quête d’un compromis pour le budget 2026 et d’une sortie de crise politique.

Élisabeth Borne estime qu’il ne faut « pas faire de cette réforme un totem » et que, « si c’est la condition de la stabilité du pays, il faut examiner les modalités et conséquences concrètes d’une suspension jusqu’à la prochaine élection présidentielle ». Une position qui rejoint les exigences du Parti socialiste, lequel conditionne son soutien à l’exécutif à une pause sur la réforme emblématique du quinquennat. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a salué un « réveil tardif, mais positif », tandis que Raphaël Glucksmann s’est réjoui que « ce qui était impossible il y a quelques jours encore devienne aujourd’hui possible ». Les syndicats, de leur côté, oscillent entre prudence et satisfaction : Sophie Binet (CGT) y voit « un aveu d’échec », quand Marylise Léon (CFDT) salue « un signal positif ».

Entre ouverture et colère dans la majorité

Mais cette volte-face provoque des remous dans la majorité présidentielle. Des figures de l’aile droite, comme Sylvain Maillard et Maud Bregeon, dénoncent « un signal à la gauche » et refusent tout recul sur « une réforme essentielle à l’équilibre du système ». À droite, la sénatrice Agnès Evren (LR) juge « grotesque de les voir supprimer eux-mêmes leur propre réforme ». Face à la fronde, Élisabeth Borne plaide pour éviter une dissolution de l’Assemblée nationale et appelle à la nomination d’« une personnalité sans ambition présidentielle issue de la société civile » pour apaiser le climat politique. Une proposition qui illustre, à ses yeux, l’urgence de tourner la page d’un quinquennat ébranlé et de retrouver, enfin, un minimum de stabilité.

Que retenir rapidement ?

Dans une interview au Parisien, Élisabeth Borne a surpris son propre camp en se disant favorable à une « suspension » de la réforme des retraites, celle-là

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