Crise politique en Charente : le Conseil départemental mis sous tutelle préfectorale après l'échec du vote du budget
Crise politique en Charente : le Conseil départemental mis sous tutelle préfectorale après l'échec du vote du budget

Le Conseil départemental de la Charente sera mis sous tutelle préfectorale à partir de ce mercredi après l’incapacité de faire adopter son budget 2025. Ce mardi 15 avril, la session budgétaire n’a pas pu se tenir en raison de l’absence de quorum. Cette situation fait suite à un rejet du budget en mars dernier, principalement dû à l’abstention d’un groupe de six élus de la majorité de gauche, qui s’étaient dissociés du reste de l’exécutif. Ce blocage politique entraîne une rare mise sous tutelle d’une collectivité de cette taille.

Une crise interne sans précédent

Les tensions internes à l’exécutif local, dirigé par Philippe Bouty (divers gauche), ont rapidement conduit à une paralysie totale du Conseil. Le président, qui avait gagné les élections de 2021 avec une majorité fragile, a été confronté à des critiques croissantes concernant sa gestion. L’éclatement de la majorité a aggravé la situation, avec des élus réclamant sa démission depuis sa mise en minorité fin mars. L’incapacité de trouver un compromis a conduit à l’échec du vote du budget et, par conséquent, à la saisine de la Chambre régionale des Comptes.

Bien que cette mise sous tutelle soit exceptionnelle pour un département, elle démontre l’ampleur de la crise politique qui paralyse la gestion des finances locales. La préfecture a annoncé que la Chambre régionale des Comptes élaborerait un nouveau projet de budget, qui sera transmis au préfet. Ce dernier pourra l’exécuter en l’état ou apporter des modifications.

Face à l’ampleur de cette crise, le président Bouty a dénoncé ce qu’il considère comme une « tentative de putsch » de la part des élus de droite et des dissidents. Dans un discours devant la presse, il a exprimé sa frustration face à l’absence de quorum et a tenté de convaincre les élus absents de revenir, mais il semble que cette crise interne soit désormais insurmontable.

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