Cuisiniers, nettoyeurs, infirmiers, chauffeurs ou encore opérateurs d’ascenseur : ce lundi, tous les membres du personnel de soutien mobilisés pour le conclave qui débutera mercredi au Vatican prêtent serment de secret absolu. À la clé, une sanction lourde en cas de violation : l’excommunication automatique.
Cette cérémonie solennelle se déroule dans la chapelle Pauline, où prêtres et laïcs engagés dans le bon déroulement du conclave s’engagent à ne rien révéler des événements entourant l’élection du futur pape, successeur de François, décédé le 21 avril à l’âge de 88 ans. Les 133 cardinaux électeurs, quant à eux, prêteront leur serment mercredi matin, juste avant le premier tour de scrutin dans la chapelle Sixtine.
Tous ceux qui assurent l’intendance — hébergement, restauration, soins médicaux — seront confinés dans l’enceinte du conclave jusqu’à l’élection du nouveau pontife, signalée traditionnellement par la fumée blanche s’échappant de la cheminée du célèbre édifice décoré par Michel-Ange.
Le serment, tel que défini dans les règles établies par Jean-Paul II en 1996 et renforcé par Benoît XVI, impose une confidentialité absolue. Il interdit notamment toute captation sonore ou visuelle des événements, sous peine d’excommunication immédiate, une sanction canonique réservée au Saint-Siège.
« Je promets et je jure d’observer un secret absolu et perpétuel », stipule le texte lu devant les Évangiles, avec la main posée sur le livre saint. Une clause vise à garantir le silence complet sur les scrutins, les discussions et toutes les circonstances liées à l’élection papale, sauf autorisation explicite du futur pape.
La chapelle Sixtine, récemment transformée pour l’occasion, a été équipée d’un plancher flottant, de tables recouvertes de tissus par les tapissiers du Vatican, et de la célèbre cheminée de vote. Douze techniciens resteront à l’intérieur durant toute la durée du conclave pour gérer la lumière, le chauffage et les systèmes électriques.
Toutes les fenêtres donnant sur la zone du conclave sont occultées et près de 80 accès seront plombés à la veille du scrutin. Deux officiers de la Garde suisse pontificale — un colonel et un major — font également partie des sermentaires, chargés d’assurer la surveillance du site.
Le Vatican se prépare ainsi dans le plus grand secret à choisir le futur chef spirituel de 1,4 milliard de catholiques dans le monde, dans une atmosphère mêlant solennité, tradition et haute sécurité.