L’administration Trump a accusé jeudi l’université Columbia d’avoir violé les droits civils de ses étudiants juifs en faisant preuve d’une « indifférence délibérée » face à ce qu’elle qualifie d’antisémitisme rampant sur le campus. Cette annonce du département de la Santé et des Services sociaux (HHS) marque une nouvelle escalade dans la campagne menée par Washington contre certaines institutions universitaires, notamment l’Ivy League.
Cette conclusion intervient dans un contexte déjà tendu pour Columbia, visée par des coupes fédérales de 400 millions de dollars en lien avec sa gestion des manifestations pro-palestiniennes organisées sur le campus depuis le printemps dernier. L’université a confirmé être en discussion avec le gouvernement afin de résoudre les différends liés à ces accusations.
Dans son communiqué, le bureau des droits civils du HHS indique que Columbia aurait enfreint le Titre VI du Civil Rights Act, qui interdit toute discrimination fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale dans les établissements recevant des fonds fédéraux. Le texte précise que cela inclut les discriminations liées à « l’identité israélienne ou juive, réelle ou perçue ».
Bien qu’aucune sanction immédiate ne soit annoncée, les accusations reposent, selon le HHS, sur des témoignages, des articles de presse et d’autres sources. Les conclusions de l’enquête n’ont pas été rendues publiques. Anthony Archeval, directeur par intérim du bureau des droits civils, a affirmé que l’enquête « documente avec précision l’environnement hostile que les étudiants juifs de Columbia ont dû endurer pendant plus de 19 mois, compromettant leur éducation, leur sécurité et leur bien-être. »
Columbia a réagi par courriel, affirmant être « profondément engagée dans la lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de harcèlement et de discrimination sur notre campus. »
Columbia s’est retrouvée au cœur d’un mouvement national de protestation contre la guerre à Gaza, ses manifestations ayant inspiré d’autres mobilisations sur des campus à travers le pays. Certains étudiants et membres du corps enseignant juifs ont alors affirmé avoir été ciblés ou marginalisés en raison de leur foi ou de leur soutien à Israël.
Cependant, les participants aux protestations, y compris des étudiants juifs, insistent sur le fait que leurs actions visaient la politique israélienne envers les Palestiniens, et rejettent fermement les accusations d’antisémitisme. Nombre d’entre eux reprochent à Columbia d’avoir cédé aux pressions politiques de la Maison-Blanche, au détriment de la liberté académique et de la protection des étudiants étrangers.
Mardi, lors de la cérémonie de remise des diplômes, la présidente par intérim de l’université, Claire Shipman, a été accueillie par des huées et des slogans de diplômés scandant « Free Palestine », signe que les tensions restent vives sur le campus.