Bruxelles veut repousser l’indemnisation des vols retardés à cinq heures
Bruxelles veut repousser l’indemnisation des vols retardés à cinq heures

L’Union européenne planche sur une réforme controversée du règlement CE 261/2004, qui fixe aujourd’hui une indemnisation de 250 € à 600 € pour tout retard de trois heures ou plus. Le texte proposé relève ce délai à cinq heures, privant de facto la majorité des voyageurs du droit à réparation.

Un seuil repoussé, 75 % de passagers exclus

Actuellement, tout retard de vol supérieur à trois heures ouvre droit à une compensation automatique de 250 € (vols courts) à 600 € (longs courriers). En relevant le seuil à cinq heures, l’UE écarterait près de 75 % des retards indemnisables : la quasi-totalité des vols enregistrant des délais compris entre deux et quatre heures ne donnerait plus lieu à aucun dédommagement. “C’est une régression inacceptable : on passe de réparations systématiques à un système où seuls quelques rares voyageurs seront éligibles”, dénonce Cédric Musso, directeur de l’action politique d’UFC-Que Choisir. Pour entrer en vigueur, ce durcissement doit recueillir l’aval du Parlement européen et d’une majorité d’États membres. D’ici là, les passagers sont encouragés à suivre l’évolution du dossier : leur pouvoir de négociation risque de fondre comme neige au soleil.

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