Affaire de Bétharram : les victimes dénoncent l’inaction malgré les promesses de Bayrou (Image : K.Weise)
Affaire de Bétharram : les victimes dénoncent l’inaction malgré les promesses de Bayrou (Image : K.Weise)

Le scandale du collège-lycée Notre-Dame-de-Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, continue de hanter la vie politique. Invité de l’émission C à vous sur France 5, François Bayrou a évoqué samedi soir un « combat vraiment très dur », ajoutant que, pour sa famille, cette affaire avait été « dégueulasse ». Des propos qui ont immédiatement fait bondir le collectif des victimes, lequel dénonce l’absence totale de mesures concrètes, malgré les engagements pris au plus haut niveau de l’État.

Un fonds d’indemnisation toujours inexistant

« Il est surtout dégueulasse que, malgré les engagements pris, rien n’ait été fait », a rétorqué dans un communiqué Alain Esquerre, porte-parole du collectif et auteur d’un ouvrage consacré au scandale. Selon lui, le Premier ministre s’attarde sur la souffrance de ses proches mais oublie que les victimes attendent toujours reconnaissance, réparation et accompagnement psychologique. En février, lors d’une rencontre avec le collectif, le chef du gouvernement avait promis la création d’un fonds d’indemnisation et la mise en place d’un conseil des victimes. Sept mois plus tard, rien n’a vu le jour. Les associations pointent également l’absence de suivi du plan gouvernemental censé renforcer les contrôles dans les établissements privés sous contrat.

À la fin du mois de juillet, 217 plaintes pénales avaient été recensées par le collectif, dont une centaine pour des faits à caractère sexuel. Des chiffres qui illustrent l’ampleur d’un système de violences et d’agressions sexuelles commises pendant plusieurs décennies au sein de l’établissement religieux. Pour les victimes, le temps des belles paroles est révolu. Leur colère vise désormais autant les religieux accusés que l’État, accusé d’avoir laissé l’affaire s’enliser. En insistant sur les souffrances de sa famille, François Bayrou a, malgré lui, ravivé la plaie : à Bétharram, ce sont d’abord les voix des victimes qui restent en attente d’écoute.

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