Des affrontements ont éclaté vendredi soir entre la police anti-émeute et des manifestants dans le centre-ville de Los Angeles, à la suite d’une série de raids menés par les services fédéraux de l’immigration. Ces opérations, qui auraient conduit à l’arrestation de dizaines de personnes, s’inscrivent dans le cadre de la vaste campagne répressive contre l’immigration illégale menée par l’administration du président Donald Trump.
Les tensions ont culminé en soirée lorsque des manifestants, réunis près d’un bâtiment fédéral, ont refusé de se disperser après l’ordre donné par les forces de l’ordre. Certains ont lancé des morceaux de béton en direction des policiers, qui ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes, du gaz poivre et des grenades assourdissantes. Le département de police de Los Angeles (LAPD) a qualifié le rassemblement d’illégal, mais il n’était pas clair dans l’immédiat combien de personnes avaient été interpellées sur place.
Plus tôt dans la journée, des unités de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) à bord de véhicules banalisés ont mené des interventions ciblées à travers la ville, notamment dans un magasin Home Depot, un entrepôt de vêtements et une boutique du quartier de la mode. Ces descentes s’inscrivent dans une série d’opérations simultanées menées dans plusieurs villes du pays. Selon les médias locaux, les agents ont procédé à des arrestations dans chacun de ces lieux.
Le LAPD n’a pas participé directement aux opérations d’immigration, mais est intervenu à la suite des débordements. Des slogans anti-ICE ont été tagués sur les murs d’un tribunal fédéral, et des manifestants ont encerclé une prison voisine où seraient détenus certains des interpellés. Des rassemblements spontanés ont également éclaté sur plusieurs sites visés par les raids.
David Huerta, président du puissant syndicat SEIU California, a été interpellé par les agents de l’ICE alors qu’il documentait les arrestations. Dans un communiqué, le syndicat a dénoncé une atteinte à la liberté d’expression, affirmant que Huerta a été blessé et arrêté alors qu’il exerçait un droit protégé par le Premier Amendement de la Constitution américaine. L’ICE n’a pas encore répondu aux sollicitations de la presse sur cet incident.
La maire de Los Angeles, Karen Bass, a vivement réagi en condamnant les méthodes de l’ICE. Dans une déclaration publique, elle a dénoncé des tactiques qui « sèment la terreur dans nos communautés » et « minent les fondements mêmes de la sécurité publique dans notre ville ». Ce nouvel épisode illustre la profonde fracture entre le gouvernement fédéral et certaines grandes métropoles démocrates sur la question migratoire.