Le 30 avril 1945, vers 15 h 15, Adolf Hitler met fin à ses jours dans le Führerbunker, un réseau de salles souterraines aménagé sous les jardins de la chancellerie du Reich à Berlin. Il est assis sur le canapé de son salon, tassé sur lui-même, une balle dans la tempe droite. À ses côtés, Eva Braun, qu’il a épousée la veille au soir après douze ans de relation secrète, est morte empoisonnée au cyanure. Conformément aux ordres que le Führer avait donnés plusieurs jours auparavant, les deux corps sont enveloppés dans des couvertures, transportés dans les jardins de la chancellerie et arrosés de deux cents litres d’essence avant d’être brûlés. Les armées soviétiques ne sont plus qu’à deux cents mètres. Une semaine plus tard, l’Allemagne nazie capitulera sans conditions. C’est la fin la plus sordide pour le régime le plus criminel du XXe siècle.
Un homme brisé, terré dans un bunker de 250 m²
Pour comprendre les dernières heures du Führer, il faut remonter au 16 janvier 1945, date à laquelle Hitler s’installe définitivement dans le Führerbunker, une vingtaine de petites pièces représentant 250 m² habitables, creusées sous la chancellerie. L’homme qui en prend possession n’a plus grand-chose du dictateur triomphant des années 1930 : physiquement ravagé par la maladie de Parkinson, les séquelles de l’attentat du 20 juillet 1944 et des années d’abus médicamenteux, il traîne les pieds, tremble des mains, dos voûté, yeux éteints, paraissant vingt ans de plus que ses cinquante-cinq ans. Sa lucidité l’abandonne progressivement : il déplace sur ses cartes des armées qui n’existent plus, donne des ordres inapplicables, alterne entre bouffées d’optimisme délirant et crises de rage incontrôlables. Le 22 avril 1945, apprenant le refus du général Steiner d’exécuter une contre-offensive impossible, il s’effondre lors d’une conférence, hurle que la guerre est perdue, et annonce clairement pour la première fois sa volonté de se suicider. Autour de lui, les trahisons s’accumulent : Göring tente de lui subtiliser le pouvoir par télégramme, Himmler négocie en secret une reddition avec les Alliés occidentaux. Les derniers fidèles — Goebbels, Bormann — restent, moins par loyauté que parce qu’ils n’ont plus nulle part où aller.
Les dernières heures : un mariage, un testament, et la mort
Dans la nuit du 28 au 29 avril 1945, Hitler apprend par dépêche Reuters les tentatives secrètes de Himmler de négocier avec les Alliés. Ivre de rage, il fait fusiller dans les jardins de la chancellerie Hermann Fegelein, l’agent de liaison de Himmler et beau-frère d’Eva Braun. Puis, peu après minuit, il épouse Eva Braun lors d’une brève cérémonie civile, avec Goebbels et Bormann pour témoins. Il dicte ensuite à sa secrétaire Traudl Junge ses testaments politique et personnel, expulsant Göring et Himmler du parti nazi, désignant l’amiral Dönitz comme son successeur à la tête du Reich, et réaffirmant jusqu’au bout sa haine des Juifs qu’il tient pour responsables de la guerre. Le 30 avril au matin, il reçoit les derniers rapports militaires confirmant que Berlin ne peut plus tenir. Il déjeune avec ses secrétaires, puis rejoint Eva Braun. Vers 14 h 30, le couple se retire dans ses quartiers. Les portes se ferment. Vers 15 h 15, son valet de chambre Heinz Linge pénètre dans le salon et découvre les deux corps. Hitler a une balle dans la tempe droite. Eva Braun exhale une odeur d’amande amère, signe caractéristique de l’empoisonnement au cyanure. Les cadavres sont brûlés pendant plusieurs heures dans les jardins, sous les obus soviétiques. Le 2 mai 1945, les premiers soldats de l’Armée rouge investissent le bunker. Le drapeau rouge est hissé sur le Reichstag. Berlin est tombée.
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