Trêve fragile : la Russie et l’Ukraine s’accusent mutuellement de violations alors que les combats se poursuivent
Trêve fragile : la Russie et l’Ukraine s’accusent mutuellement de violations alors que les combats se poursuivent

MOSCOU — Malgré le cessez-le-feu de 72 heures décrété unilatéralement par Vladimir Poutine à l’occasion du 80e anniversaire de la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie, la Russie et l’Ukraine se rejettent la responsabilité de la poursuite des hostilités sur le terrain. Moscou accuse les forces ukrainiennes d’avoir mené des offensives dans quatre régions, tandis que Kiev qualifie la trêve de « farce » destinée à tromper l’opinion internationale.

Selon un communiqué du ministère russe de la Défense publié samedi, les forces armées russes « respectent strictement le cessez-le-feu » et ne font que répliquer aux « violations de l’ennemi ». Les troupes ukrainiennes auraient ainsi tenté des attaques dans les régions de Soumy, Zaporizhzhia, Kherson et Donetsk, selon Moscou, qui affirme avoir repoussé les assauts sans donner de détails sur les pertes.

Du côté ukrainien, les témoignages contredisent catégoriquement cette version. Dans un hôpital de campagne de la région de Zaporizhzhia, un soldat blessé a déclaré à Reuters vendredi soir : « Il n’y a pas eu de cessez-le-feu. Les bombardements se poursuivent comme avant, les drones volent comme avant. » Pour Kiev, la prétendue trêve russe n’est qu’un stratagème de communication, sans aucun fondement sur le terrain.

Le cessez-le-feu, annoncé comme une « pause humanitaire » par la Russie, devait s’achever samedi à minuit, soit 21h00 GMT. Toutefois, aucune accalmie significative n’a été constatée depuis son entrée en vigueur. Les autorités ukrainiennes insistent pour qu’un véritable cessez-le-feu de 30 jours soit mis en place, une proposition soutenue par les dirigeants occidentaux, notamment le président américain Donald Trump, qui pousse activement pour une désescalade.

Le ministère russe de la Défense a en outre affirmé que les forces ukrainiennes avaient tenté à quatre reprises de franchir la frontière dans les régions russes de Koursk et de Belgorod, sans toutefois préciser à quels moments ces incursions présumées auraient eu lieu.

Alors que les deux pays s’accusent mutuellement de violer une trêve déjà contestée, le scepticisme grandit quant à la possibilité d’un apaisement durable. Aucune des parties n’a donné de signe clair de volonté de négociation, malgré la pression internationale croissante.

Partager