Le bilan de la dernière attaque russe sur la capitale ukrainienne s’est alourdi à 28 morts, ont annoncé mercredi les autorités de Kiev, alors que les secours ont extrait de nouveaux corps des décombres d’un immeuble d’habitation de neuf étages totalement effondré dans le district de Solomianskyi. La frappe, survenue dans la nuit de lundi à mardi, est la plus meurtrière de l’année pour la ville.
Sur les 28 victimes, 23 se trouvaient dans l’immeuble au moment de l’impact. Les cinq autres ont perdu la vie dans différentes parties de la capitale. Des grues, pelleteuses et équipes cynophiles sont toujours mobilisées sur place pour fouiller les gravats à la recherche d’éventuels survivants ou de nouvelles victimes.
La frappe s’inscrit dans une offensive d’envergure menée par la Russie, qui a tiré plus de 440 drones et 32 missiles sur l’ensemble du territoire ukrainien, selon le président Volodymyr Zelensky. Cette opération coordonnée visait à saturer les défenses aériennes ukrainiennes dans un contexte où Moscou intensifie également ses attaques terrestres sur les 1 000 kilomètres de ligne de front.
L’attaque a détruit une grande partie du quartier résidentiel, soufflant les fenêtres et portes des immeubles environnants. Mercredi a été décrété jour de deuil à Kiev. Des habitants endeuillés sont venus déposer des fleurs sur les balançoires d’une aire de jeux voisine. Mardi, un père y attendait depuis des heures que le corps de son fils de 31 ans soit dégagé des décombres.
Les services d’urgence ont dépêché des psychologues pour accompagner les survivants et les proches des victimes. « Certains sont figés, incapables de bouger », a confié Karyna Dovhal, psychologue d’intervention. « Tout le monde attend un fils, un frère, un oncle. »
Valentin Hrynkov, 64 ans, habitant du septième étage d’un bâtiment voisin, a décrit le moment des frappes comme une expérience de terreur absolue. Lui et son épouse ont été blessés par des éclats de verre et piégés dans leur appartement pendant plus de 30 minutes avant d’être secourus. « C’était de l’impuissance et une peur primitive », a-t-il confié. « Même un simple bruit de voiture me fait sursauter. »
Mardi matin, les habitants du quartier s’abritaient dans les entrées d’immeubles pendant que les drones continuaient de frapper la zone à intervalles réguliers. L’intensité des frappes a contraint les pompiers à interrompre temporairement les opérations de secours.
Alors que les efforts diplomatiques menés par les États-Unis pour mettre fin à la guerre peinent à aboutir, l’ambassade américaine à Kiev a qualifié l’attaque d’« insensée » et contraire aux appels du président Trump à stopper les violences. Mais sur le terrain, l’horreur se poursuit, et les habitants de Kiev vivent dans l’attente angoissante de nouvelles frappes.