Guerre en Iran - La France prépare des rapatriements, «aucun risque à court terme» d'approvisionnement en essence et gaz
Guerre en Iran - La France prépare des rapatriements, «aucun risque à court terme» d'approvisionnement en essence et gaz

La dégradation rapide de la situation sécuritaire au Moyen-Orient pousse Paris à anticiper un scénario d’évacuation. Alors que les États-Unis demandent à leurs ressortissants de quitter immédiatement douze pays de la région et que l’ambassade américaine à Riyad a été touchée dans la nuit, la France active ses dispositifs de crise.

Paris organise des vols pour les Français les plus vulnérables

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, a annoncé que la France se prépare à affréter des vols afin de rapatrier ses ressortissants les plus fragiles présents dans les pays affectés par la guerre contre l’Iran. Interrogé sur BFMTV, Jean‑Noël Barrot a déclaré : « Nous nous préparons à des affrètements de vols pour que les personnes les plus vulnérables, les personnes qui méritent d’être accompagnées, puissent, le cas échéant, en bénéficier. »

Jean‑Noël Barrot n’a pas précisé combien de personnes pourraient être concernées, mais il a indiqué qu’un suivi étroit de la situation est assuré par les services consulaires. La priorité demeure la sécurité des ressortissants français dans une zone où l’espace aérien est perturbé et où les déplacements deviennent de plus en plus complexes.

Approvisionnement en gaz et carburant : « aucun risque à court terme »

Sur le plan économique, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a tenu à rassurer sur la situation énergétique. Roland Lescure a affirmé qu’il n’existe « aucun risque d’approvisionnement à court terme » en France concernant le gaz et l’essence.

Roland Lescure a toutefois reconnu que le conflit au Moyen-Orient « crée des incertitudes économiques » qui sont « à suivre de très près ». Il a précisé qu’une cellule de crise se réunit quotidiennement à Bercy sous sa direction afin de surveiller l’évolution des marchés financiers, des indicateurs économiques et des marchés de l’énergie. L’objectif affiché est d’anticiper toute tension susceptible d’affecter les prix ou les chaînes d’approvisionnement.

Détroit d’Ormuz : des dizaines de navires français bloqués

La crise a également des conséquences directes sur le transport maritime international. Selon Laurent Martens, délégué général d’Armateurs de France, « entre 50 et 55 navires » sous pavillon français ou appartenant à des entreprises françaises sont actuellement bloqués dans le Golfe en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz.

Laurent Martens a indiqué qu’« il y en a une dizaine de moins que dimanche, ceux-ci étaient en amont du détroit et ont pu faire demi-tour ». Les bâtiments encore immobilisés, situés au-delà de ce passage stratégique pour le commerce mondial, « sont bien identifiés, à l’ancre, au mouillage dans les zones les moins à risque du secteur », a-t-il précisé.

Le détroit d’Ormuz constitue un point névralgique du trafic énergétique mondial, par lequel transite une part significative du pétrole exporté par les pays du Golfe. Sa fermeture accentue la tension sur les marchés et renforce l’inquiétude des acteurs économiques.

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