Au moins 72 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza dans la nuit de vendredi à samedi, selon des sources médicales locales, alors que de nouveaux espoirs de cessez-le-feu émergent après 21 mois de guerre ininterrompue. Ces frappes, qui ont touché des zones densément peuplées et des camps de déplacés, interviennent au moment où les États-Unis intensifient leurs efforts diplomatiques pour mettre fin aux hostilités.
À Muwasi, près de Khan Younès dans le sud de Gaza, une famille entière — trois enfants et leurs parents — a été tuée dans son sommeil, selon des proches. « Qu’ont fait ces enfants ? Quelle est leur faute ? » a lancé en larmes leur grand-mère, Suad Abu Teima, alors que des proches embrassaient les visages ensanglantés des victimes avant de refermer les sacs mortuaires.
D’autres frappes ont visé la zone du stade de Palestine à Gaza-ville, faisant au moins 12 morts parmi les personnes déplacées qui y trouvaient refuge. À l’est de la ville, un bombardement a tué 11 personnes dans une rue, tandis qu’une autre attaque a tué huit personnes, dont cinq enfants, lors d’un rassemblement. En tout, plus de 20 corps ont été transférés à l’hôpital Nasser, selon les autorités sanitaires.
Malgré ces violences, un espoir fragile renaît. Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi qu’un accord de cessez-le-feu pourrait être conclu dans les jours à venir. Le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer, est attendu à Washington la semaine prochaine pour discuter d’un éventuel accord sur Gaza, ainsi que des tensions persistantes avec l’Iran.
Les pourparlers indirects entre Israël et le Hamas, interrompus à plusieurs reprises depuis la fin du précédent cessez-le-feu en mars, pourraient reprendre. Environ 50 otages sont toujours retenus dans l’enclave palestinienne, dont moins de la moitié seraient encore en vie, selon les estimations israéliennes.
Le conflit a déjà fait plus de 56 000 morts côté palestinien, selon le ministère de la Santé de Gaza, dont plus de la moitié seraient des femmes et des enfants. Depuis la fin du dernier cessez-le-feu, 6 089 personnes ont été tuées. Israël affirme cibler uniquement les combattants et accuse le Hamas d’utiliser les civils comme boucliers humains dans des zones densément peuplées.
En parallèle des frappes, la crise humanitaire s’aggrave. Les habitants de Gaza, affamés, continuent de risquer leur vie pour accéder à de maigres livraisons d’aide. Depuis un mois, plus de 500 Palestiniens ont été tués et des centaines d’autres blessés en tentant de se procurer de la nourriture, selon les autorités sanitaires locales. Des témoins affirment que les soldats israéliens ont ouvert le feu sur des foules se dirigeant vers les convois d’aide. L’armée israélienne affirme, elle, avoir uniquement tiré des coups de semonce et enquête sur les incidents.
Les Nations unies tentent également d’acheminer de l’aide, mais sont confrontées à des pillages par des groupes armés et à des mouvements de foule incontrôlables. Samedi, deux Palestiniens ont été tués par balle alors qu’ils attendaient de l’aide près du corridor de Netzarim, une route stratégique qui divise le nord et le sud de Gaza.
Alors que la guerre se prolonge dans une spirale de destructions et de souffrances, la communauté internationale attend de voir si la récente accalmie dans le conflit entre Israël et l’Iran peut créer un espace politique pour un véritable cessez-le-feu à Gaza. Mais sur le terrain, le coût humain continue de grimper jour après jour.