Symbole spirituel et culturel de l’Ukraine, la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev a été touchée ce mardi 10 juin par une série de frappes russes sur la capitale. Si l’intérieur du monument du XIe siècle a été épargné, la façade a subi des dégâts notables. Une onde de choc, causée par une explosion à proximité, a notamment fait s’effondrer une partie de sa corniche.
Un choc patrimonial et symbolique
C’est l’un des sites les plus emblématiques de l’Ukraine qui a été frappé indirectement : la cathédrale Sainte-Sophie, fondée en 1037 sous la Rus’ de Kiev, figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1990. D’après l’AFP, un journaliste présent sur place a constaté l’effondrement d’un élément de la corniche datant du XVIIIe siècle, tombé au sol à la suite de l’explosion.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé, dans son allocution quotidienne du mardi 11 juin, une attaque « catastrophique » et « inacceptable » contre un monument aussi symbolique. Le ministre de la Culture, Mykola Totchytsky, a quant à lui accusé Moscou de « frapper au cœur même de notre identité ». Les frappes russes de la nuit — combinant 315 drones explosifs et sept missiles, selon l’armée de l’air ukrainienne — ont également provoqué des dégâts dans d’autres zones de la ville, blessant au total quatre personnes et causant la mort de trois civils à Kiev et Odessa.
Un patrimoine en danger permanent
Bien que les frappes n’aient pas directement ciblé la cathédrale, les autorités ukrainiennes redoutent désormais les conséquences à long terme de ces vibrations répétées sur l’intégrité structurelle de l’édifice. Selon Vadym Kyrylenko, directeur adjoint du site interrogé par l’AFP, il est encore trop tôt pour déterminer si les dégâts ont été causés par un impact direct ou une interception de drone à proximité. Il a toutefois précisé que « l’onde de choc n’était pas très puissante », ce qui a évité un désastre patrimonial plus grave.
Ce n’est pas la première fois que la cathédrale est menacée : depuis le début de l’invasion russe en février 2022, des débris de drones russes ont déjà été retrouvés dans l’enceinte du monument, toujours selon l’AFP. La dernière atteinte directe connue remonte à la Seconde Guerre mondiale.
L’Ukraine, par la voix de son ministère de la Culture, a d’ores et déjà annoncé son intention de saisir les instances internationales pour dénoncer cette nouvelle attaque contre son patrimoine. Un geste symbolique fort, alors que la cathédrale Sainte-Sophie reste l’un des derniers témoins de l’histoire millénaire du pays au cœur d’un conflit destructeur.