Des Sud-Africains partis en Russie en pensant recevoir une formation professionnelle affirment avoir été trompés et envoyés combattre en Ukraine dans des conditions extrêmement dangereuses. Selon leurs témoignages, au moins 17 hommes auraient été recrutés sous de faux prétextes par un groupe de mercenaires non identifié, avant d’être intégrés aux forces russes et déployés près de la ligne de front.
À Durban, Dubandlela raconte sa détresse après l’engagement de son fils de 20 ans, convaincu en juillet qu’il bénéficierait d’une formation d’élite pour devenir garde du corps. Cinq mois plus tard, le jeune homme se retrouve à creuser des tranchées et à éviter les balles en Ukraine. « Je m’en veux », confie son père, expliquant n’avoir pas pu financer des études universitaires pour son fils, ce qui l’a rendu vulnérable à la promesse d’un avenir professionnel à l’étranger.
Les hommes concernés décrivent des conditions de vie très dures, marquées par le manque de nourriture, l’absence de soins médicaux adéquats et une exposition constante aux combats. Certains disent avoir été envoyés près du front sans formation militaire suffisante, alimentant le sentiment d’avoir été abusés.
Le ministère russe des Affaires étrangères n’a pas répondu aux demandes de commentaires concernant ces accusations. Du côté sud-africain, la présidence assure suivre le dossier de près. Le porte-parole du président Cyril Ramaphosa a indiqué que l’affaire recevait « la plus haute attention possible » et que des discussions étaient en cours avec différentes autorités, principalement en Russie, afin de tenter de rapatrier les hommes concernés.
Selon Pretoria, les informations disponibles suggèrent que ces Sud-Africains ont été « enrôlés de force » au sein des forces russes, ce qui complique leur situation et toute tentative de sortie rapide du conflit. Les autorités sud-africaines reconnaissent toutefois que le processus est extrêmement sensible, les jeunes hommes étant exposés à un danger immédiat pour leur vie dans la guerre opposant la Russie à l’Ukraine.
Alors que les familles multiplient les appels à l’aide, cette affaire met en lumière les risques liés aux réseaux de recrutement opaques qui profitent de la précarité économique pour attirer des jeunes vers des zones de guerre, loin de toute protection consulaire effective de leur pays d’origine, l’Afrique du Sud.