Le tribunal correctionnel d’Agen a condamné jeudi 10 juillet José Perez, coprésident de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne (CR47), à six mois de prison avec sursis assortis d’une période probatoire de deux ans. Il était jugé pour des dégradations commises en avril 2024 lors d’une mobilisation ciblant les locaux de l’Office français de la biodiversité à Clairac, où des agents avaient été intimidés. Deux autres militants de la CR47 ont écopé de quatre mois de sursis pour leur participation à cette même action. Au total, une vingtaine de personnes étaient poursuivies dans le cadre des manifestations agricoles qui avaient secoué le département début 2024.
Cibles multiples et actions coordonnées
Les manifestants étaient accusés de dégradations multiples : radars routiers détruits, cargaisons de légumes espagnols déversées, entraves à la circulation ferroviaire, dégradations d’infrastructures publiques ou d’entreprises privées. Des bâtiments de l’État, des collectivités, des sociétés autoroutières et des enseignes de grande distribution avaient également été visés. La Coordination rurale 47, poursuivie en tant que personne morale dans dix dossiers, a été relaxée, tout comme sa représentante Karine Duc, actuelle candidate à la présidence de la chambre d’agriculture locale. L’avocat du syndicat, Me Christophe Dejean, a salué cette décision en affirmant que « l’essentiel était de sauver la Coordination rurale ».
Condamnations financières et détermination intacte
Outre les peines de prison avec sursis, plusieurs militants ont été condamnés à des amendes comprises entre 800 et 2 000 euros, certaines assorties de sursis. Certains devront également indemniser les victimes des dégradations. Le gérant d’un supermarché Leclerc, dont le toit s’était effondré, a obtenu plus de 65 000 euros. SNCF Réseau et SNCF Voyageurs percevront plus de 44 000 euros au titre des préjudices matériels. Malgré sa condamnation, José Perez s’est dit prêt à poursuivre son combat en faveur des agriculteurs. Son avocat a estimé que la peine reflétait « son engagement de première ligne » dans un mouvement qu’il incarne depuis des années.