À Buenos Aires, des milliers de retraités argentins descendent chaque semaine dans la rue pour réclamer des pensions dignes et dénoncer l’effondrement du système de retraite national. Parmi eux, Olga Beatriz Gonzalez, 89 ans, est devenue le symbole de cette lutte. Ancienne employée publique, elle participe sans relâche aux rassemblements hebdomadaires devant le Congrès national, brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire : « Personne ne se sauve seul ».
Comme beaucoup d’autres, Olga survit avec une pension mensuelle qui ne couvre plus les besoins de base. Pour joindre les deux bouts, elle a transformé sa maison en soupe populaire afin de nourrir les plus démunis de son quartier. « Nous avons fait notre devoir, nous avons travaillé toute notre vie, et maintenant nous sommes traités comme si nous étions de trop », confie-t-elle.
L’Argentine traverse une crise économique profonde, marquée par une inflation à trois chiffres et une dévaluation persistante du peso. Les retraites, souvent inférieures à 200 dollars par mois, ne permettent plus d’acheter les produits essentiels. De nombreux seniors vivent désormais sous le seuil de pauvreté, dépendant de la solidarité familiale ou d’aides caritatives.
Les manifestations de retraités, autrefois marginales, sont devenues un mouvement social majeur. Devant le Parlement, des pancartes dénoncent « la trahison de l’État » et réclament la revalorisation immédiate des pensions. Les syndicats de retraités appellent à une réforme en profondeur du système, accusant le gouvernement Milei de sacrifier les plus âgés sur l’autel de l’austérité budgétaire.
Malgré la lassitude, le mouvement continue de s’amplifier. Dans les rues de Buenos Aires, une génération entière réclame le respect et la dignité qu’elle estime avoir gagnés après une vie de travail.