Hélicoptères du Samu cloués au sol : les pilotes en grève illimitée
Hélicoptères du Samu cloués au sol : les pilotes en grève illimitée

C’est un mouvement sans précédent. Les pilotes d’hélicoptères du Samu ont lancé ce jeudi 29 mai une grève illimitée pour dénoncer leurs conditions de travail et des rémunérations largement inférieures à celles de leurs homologues européens. Selon leur syndicat, la quasi-totalité des appareils pourrait être immobilisée.

Des écarts de salaires flagrants avec le reste de l’Europe

À l’appel du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), les pilotes d’hélicoptères mobilisés pour les missions médicales d’urgence réclament une revalorisation de leur salaire, qui serait, selon eux, de 20 à 60 % inférieur à celui de leurs collègues européens. Un pilote du Samu débutant gagnerait environ 2 300 euros nets pour un équivalent 35 heures, selon un autre syndicat du secteur, et à peine 3 100 euros en fin de carrière. Le syndicat juge le dialogue avec les autorités sanitaires « peu convainquant », après une première alerte mi-mai. Faute de réponse concrète, le préavis de grève a été prolongé pour une durée indéterminée. Les pilotes assurent néanmoins un service minimum pour les urgences vitales.

Des missions vitales, assurées par des compagnies privées

En France, près de 50 hélicoptères sont mobilisés quotidiennement pour les transferts sanitaires urgents, opérés par des compagnies privées mandatées par les hôpitaux. Trois groupes principaux se partagent le marché : SAF, HBG et le britannique Babcock. En tout, environ 200 pilotes sont concernés par la grève. Ce bras de fer survient alors que le Samu dépend largement de l’aérien pour intervenir rapidement dans les zones isolées ou lorsque les routes sont impraticables. Une perturbation massive pourrait donc mettre en difficulté certains hôpitaux et retarder les soins les plus critiques.

Partager