Grève des contrôleurs aériens : une facture de 120 millions d’euros pour les compagnies
Grève des contrôleurs aériens : une facture de 120 millions d’euros pour les compagnies

La grève des contrôleurs aériens français des 3 et 4 juillet derniers n’a pas seulement cloué des avions au sol : elle a également coûté très cher. Selon Eurocontrol, organisme de surveillance du trafic aérien européen, le mouvement social a entraîné une perte estimée à 120 millions d’euros pour les compagnies aériennes. Un total de 47 millions d’euros est lié aux retards, tandis que 73 millions résultent directement des annulations. Plus d’un million de passagers ont été affectés, dont 200 000 ont vu leur vol supprimé. Au total, 1 422 liaisons ont été annulées chaque jour, représentant 4,7 % du trafic prévu. Les retards, eux, ont concerné plus de 3 700 vols quotidiennement, soit près de 11 % des trajets.

Des revendications sur fond de tension

À l’origine de la mobilisation, deux syndicats minoritaires : l’Unsa-Icna et l’Usac-CGT. Ensemble, ils dénoncent un sous-effectif chronique, des outils inadaptés et une gestion interne jugée délétère. Le syndicat Unsa-Icna parle d’un climat de travail « toxique » et d’un encadrement incompatible avec les exigences de sécurité. Le ministère des Transports, par la voix de Philippe Tabarot, a fermé la porte à toute concession, qualifiant les revendications d’« inacceptables ». Cette grève intervient alors que l’exécutif tente de réformer les modalités de prise de poste des aiguilleurs, dans le sillage d’un incident grave survenu à Bordeaux en 2022, lorsque deux avions avaient failli entrer en collision en raison d’une organisation défaillante. Malgré la « mobilisation historique » saluée par les syndicats, aucune suite concrète n’a encore été annoncée. Mais les tensions restent palpables, et l’été pourrait bien réserver d’autres turbulences.

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