La rentrée sociale démarre plus tôt que prévu dans l’énergie. La Fédération nationale des mines et de l’énergie-CGT (FNME-CGT) appelle électriciens et gaziers à une grève reconductible dès mardi 2 septembre. Environ 200 piquets sont annoncés à travers le pays, avant même les autres mobilisations syndicales prévues le 10 et le 18 septembre dans les transports, la chimie ou encore la fonction publique hospitalière.
Salaires et facture énergétique au cœur des revendications
Le syndicat exige une revalorisation générale de la grille salariale (jusqu’à 9 %), l’ajout de deux échelons d’ancienneté et la mise en place d’une échelle mobile des salaires pour compenser l’inflation. Mais la CGT met aussi en avant une revendication qui concerne directement les usagers : ramener à 5,5 % la TVA sur l’électricité et le gaz, aussi bien sur l’abonnement que sur la consommation. Une proposition de loi allant dans ce sens avait été déposée par le groupe communiste au Sénat, mais le gouvernement Bayrou a choisi cet été d’uniformiser les deux taxes à 20 %, suivant les règles imposées par Bruxelles.
Un rapport de force avec EDF et Engie
La branche de l’électricité et du gaz emploie près de 140 000 salariés, dominés par EDF et Engie. En cas d’arrêt de centrales ou de réacteurs, EDF serait contrainte de racheter de l’électricité sur le marché de gros, ce qui pourrait peser sur ses comptes. La FNME-CGT assure toutefois ne pas vouloir pénaliser directement les foyers par des coupures, préférant cibler les leviers économiques de l’entreprise. Le mouvement s’inscrit dans un climat social déjà tendu, nourri par l’annonce des 44 milliards d’euros d’économies prévues dans le budget 2026. La direction d’EDF dit respecter la liberté d’action syndicale, tandis que celle d’Engie assure poursuivre le dialogue. Mais les négociations ouvertes en 2024 sur une nouvelle grille salariale restent bloquées. Un point d’étape sur la mobilisation doit être fait le 4 septembre.