Une cinquantaine de membres de la Confédération paysanne ont été placés en garde à vue mercredi à Paris après avoir pénétré dans un bâtiment administratif rattaché au ministère de l’Agriculture. L’action s’est déroulée dans une annexe abritant la Direction générale de la performance économique, à quelques dizaines de mètres du ministère, dans le 7ᵉ arrondissement.
Les manifestants, entrés en milieu d’après-midi, ont déployé des banderoles à l’intérieur et à l’extérieur des locaux pour dénoncer plusieurs dossiers agricoles jugés prioritaires, notamment la gestion de la dermatose nodulaire bovine et l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Des délégations venues d’outre-mer participaient également à la mobilisation.
Le syndicat dénonce une “criminalisation” de la colère paysanne
Au total, 52 personnes ont été interpellées, parmi lesquelles plusieurs figures nationales du syndicat ainsi que des responsables agricoles ultramarins. Le ministère de l’Agriculture a déposé plainte et les forces de l’ordre ont évacué les lieux sans incident, selon la préfecture de police, qui rappelle que le dialogue ne saurait justifier des atteintes à l’ordre public.
La Confédération paysanne réclame la libération immédiate de ses militants et accuse le gouvernement de réprimer les mobilisations agricoles, dénonçant un traitement différencié par rapport à d’autres syndicats. Cette action s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre le monde agricole et les pouvoirs publics, sur fond de crises sanitaires, commerciales et budgétaires.