NEW YORK — Une manifestation pro-palestinienne sur le campus de l’université Columbia s’est soldée mercredi par l’arrestation d’au moins 40 à 50 étudiants, menottés et évacués par la police new-yorkaise après avoir occupé la salle de lecture principale de la bibliothèque Butler. Cette action s’inscrit dans un mouvement de protestation étudiant plus large contre la guerre israélienne à Gaza, ravivé ces dernières semaines sur plusieurs campus américains.
Les étudiants ont investi la bibliothèque dans la matinée, brandissant des banderoles telles que « Frappe pour Gaza » et « Zone libérée », tandis que des vidéos sur les réseaux sociaux les montraient debout sur des tables, tambourinant et scandant des slogans. L’université a rapidement qualifié l’occupation d’« intrusion » et a demandé l’intervention du NYPD. Selon Columbia, deux agents de sécurité du campus ont été blessés lors de l’opération.
À l’extérieur du bâtiment, des étudiants tentaient encore de pénétrer dans la bibliothèque lorsque les portes ont été verrouillées par la sécurité, provoquant des bousculades. Au moins un étudiant a été blessé et une personne a été évacuée sur une civière. Les manifestants évacués ont été embarqués dans des bus de police. La bibliothèque est restée inaccessible le reste de la journée, tandis que les manifestants se regroupaient à l’extérieur du campus.
Columbia, en première ligne des mobilisations pro-palestiniennes depuis l’intensification de la guerre à Gaza en 2023, se trouve sous pression politique croissante. L’administration Trump a récemment annulé des centaines de millions de dollars de financements fédéraux à l’université, l’accusant de ne pas protéger les étudiants juifs et de tolérer l’antisémitisme. Les étudiants manifestants, dont certains sont eux-mêmes juifs, rejettent ces accusations et dénoncent une instrumentalisation politique de leur mobilisation.
Le groupe Columbia University Apartheid Divest a réitéré ses revendications, appelant l’université à désinvestir sa dotation de près de 15 milliards de dollars des entreprises liées à l’industrie de l’armement et à l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Il a également exigé la libération de Mahmoud Khalil, un étudiant diplômé palestinien de Columbia détenu dans un centre d’immigration en Louisiane, menacé d’expulsion.
Ce nouvel épisode intervient alors que d’autres campus universitaires, comme l’Université de Washington, sont également secoués par des manifestations similaires. Là-bas, 34 étudiants ont été arrêtés lundi après l’occupation d’un bâtiment administratif, et 21 d’entre eux ont été suspendus et interdits d’accès au campus.
Face à cette vague de mobilisation étudiante, l’administration Trump a annoncé vouloir durcir sa politique envers les étudiants internationaux pro-palestiniens, considérés comme une menace potentielle pour les intérêts des États-Unis à l’étranger. Une posture qui ne fait qu’exacerber les tensions sur les campus et alimente les inquiétudes sur la liberté d’expression dans l’enseignement supérieur.