Colère des VTC : blocages, escargots et appel à l’État
Colère des VTC : blocages, escargots et appel à l’État

Les chauffeurs VTC se mobilisent massivement ce mardi 10 juin dans toute la France. À l’origine de leur colère : une profession jugée trop ouverte, des revenus en chute libre, et des conditions de travail devenues intenables. Sur fond d’opérations escargot, les chauffeurs réclament un moratoire immédiat.

Une profession saturée, un métier en danger

Partout dans les grandes villes, Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes, Montpellier, Lille ou Strasbourg, des cortèges de VTC convergent lentement vers les aéroports et les institutions. Objectif : alerter sur un modèle économique qui, selon eux, ne tient plus. En ligne de mire, l’explosion du nombre de chauffeurs, dopée par des formations express à quelques dizaines d’euros et un accès quasi libre à la profession. Résultat : une précarisation généralisée. Pour Rachid, chauffeur depuis 10 ans à Bordeaux, le métier est méconnaissable. Il faut désormais travailler 12 à 15 heures pour réaliser ce qu’on faisait en 8. Les plateformes, elles, continuent de recruter sans limite. Pour Zohir, lui aussi au bord du renoncement, la dérive est claire : des chauffeurs polyvalents, parfois coiffeurs ou serveurs à mi-temps, viennent concurrencer ceux qui ont investi des milliers d’euros pour exercer à plein temps.

Moratoire, encadrement et arbitrage attendu

L’intersyndicale des VTC réclame un gel total des examens, un contrôle strict des nouvelles immatriculations, et un rééquilibrage entre le nombre de chauffeurs et le volume d’activité réel des plateformes. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a évoqué un possible moratoire, mais pour l’heure, rien n’est acté. Une inspection est en cours, mais elle attend encore l’arbitrage interministériel. Le malaise est profond. Fabian Tosolini, délégué de l’Union Indépendants, parle d’un « déséquilibre organisé » au profit des plateformes, avec une précarité permanente pour les chauffeurs. L’intersyndicale demande aussi un encadrement des prix, pour ne plus dépendre uniquement des algorithmes d’Uber ou Bolt. La mobilisation se poursuivra mercredi dans plusieurs grandes villes, avec de nouveaux blocages annoncés, notamment à Marseille, Nice et Toulouse. Du côté des taxis, un front parallèle s’ouvre aussi : dès ce mardi après-midi, ils se rassembleront à Paris avant une journée de grève prévue mercredi, avec un objectif commun aux VTC, rappeler à l’État qu’il est temps de reprendre la main.

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