Sébastien Lecornu propose ma généralisation des repas à 1 euro pour tous les étudiants DR
Sébastien Lecornu propose la généralisation des repas à 1 euro pour tous les étudiants. (DR)

Sébastien Lecornu a exprimé ce vendredi son intention d’inscrire dans le projet de loi de finances pour 2026 la généralisation du dispositif de repas étudiants à 1 euro dans les restaurants universitaires gérés par les Crous. Cette annonce a été faite dans le cadre des discussions budgétaires approfondies avec le Parti socialiste et vise à répondre à une demande clé formulée par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale. 

Officiellement destinée à enrichir le contenu du budget final et à satisfaire les exigences formulées par le PS, cette promesse est présentée comme une main tendue politique en pleine négociation pour éviter une censure du budget ou un recours au 49‑3 ou aux ordonnances. Cette mesure devrait figurer dans le texte budgétaire final. Sébastien Lecornu doit prendre la parole en fin de journée depuis Matignon pour détailler cet accord de principe. 

Cette annonce fait directement suite à une initiative législative portée par le PS, qui a suscité une vive attention en janvier 2025. Lors de la niche parlementaire du groupe socialiste, une proposition de loi visant à rendre accessible à tous les étudiants le repas à 1 euro a été largement adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 23 janvier 2025. Le texte, défendu notamment par la députée Fatiha Keloua‑Hachi, prévoit l’extension du tarif symbolique à l’ensemble des étudiants dans les cafétérias et restaurants des Crous, alors qu’il est aujourd’hui réservé aux étudiants boursiers et à ceux reconnus comme précaires. 

Le dispositif des repas à 1 euro remonte à la période de crise du Covid‑19, lorsqu’il avait été généralisé à tous les étudiants. Après 2021, cette gratuité symbolique avait été limitée aux boursiers et aux plus précaires, les autres étudiants devant s’acquitter d’un tarif social de 3,30 euros. Sur l’année universitaire 2023‑2024, environ 500 000 étudiants ont bénéficié du tarif à 1 euro sur un total de près de 2,965 millions d’étudiants, selon les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur. 

Au Parlement, la proposition de loi n° 519, déposée le 29 octobre 2024, a franchi l’Assemblée nationale mais doit encore être examinée par le Sénat, où sa trajectoire législative est jugée incertaine en raison de la majorité de droite. 

Dans le débat public, les défenseurs de cette mesure estiment qu’un repas à 1 euro allégerait significativement les dépenses quotidiennes des étudiants et contribuerait à lutter contre la précarité alimentaire. Selon une étude conduite par le Conseil de la famille, les difficultés d’accès à une alimentation saine restent un enjeu majeur pour une part significative de la population étudiante. 

En revanche, certaines analyses budgétaires et parlementaires soulignent les défis structurels d’une telle généralisation, évoquant les besoins d’investissement supplémentaires pour les restaurants universitaires et les possibles effets sur la fréquentation des services existants. 

La prise de parole annoncée de Sébastien Lecornu depuis Matignon est attendue comme un moment clé pour préciser le périmètre de l’inscription au budget et les modalités concrètes de mise en œuvre, notamment dans un contexte où la négociation budgétaire reste tendue entre l’exécutif et les groupes d’opposition. 

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