Royaume-Uni - Keir Starmer tente de reprendre la main face aux doutes sur son autorité (AP)
Royaume-Uni - Keir Starmer tente de reprendre la main face aux doutes sur son autorité (AP)

Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’efforce de réaffirmer son autorité après la publication d’informations affirmant qu’il se préparait à contrer toute tentative de contestation interne à son leadership. Ces révélations, attribuées à des « alliés anonymes » de Downing Street, ont suscité des remous au sein du Parti travailliste et alimenté les spéculations sur de possibles rivalités ministérielles.

Mardi soir, plusieurs médias britanniques ont rapporté qu’un briefing confidentiel mené par des proches de Starmer évoquait la possibilité d’un complot contre lui, citant notamment le ministre de la Santé Wes Streeting et la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood parmi les successeurs potentiels. Face à cette polémique, le Premier ministre a fermement pris ses distances avec ces propos, dénonçant des « attaques inacceptables » contre son propre gouvernement.

« Je n’ai jamais autorisé d’attaques contre les membres de mon cabinet », a-t-il déclaré lors de la séance hebdomadaire des questions au Parlement. « Nous formons une équipe unie, et nous travaillons ensemble pour améliorer la Grande-Bretagne. » Starmer a également défendu son conseiller principal, Morgan McSweeney, qualifié de « toxique » par la cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, estimant qu’il s’agissait là de « distractions nuisibles au travail du gouvernement ».

Wes Streeting, considéré comme l’un des poids lourds du Parti travailliste et un potentiel prétendant à la succession de Starmer, a catégoriquement démenti toute ambition de ce genre. « Ces informations sont totalement fausses », a-t-il déclaré à la BBC. « Je soutiens le Premier ministre et je continuerai à le faire. » L’intéressé a ajouté sur Sky News qu’alimenter ce type de rumeurs ne faisait que « détourner l’attention du travail essentiel à accomplir pour redresser le pays ».

Cette crise interne intervient à un moment délicat pour le gouvernement travailliste, fragilisé par la chute de popularité du Premier ministre depuis sa victoire électorale de 2024. Les sondages placent désormais le Parti travailliste derrière la formation populiste Reform UK de Nigel Farage, tandis que la perspective d’un budget impopulaire prévu le 26 novembre inquiète les marchés. Les obligations britanniques ont reculé mercredi et la livre sterling a légèrement perdu du terrain face au dollar, reflet des doutes persistants sur la stabilité politique du pays.

Deux députés travaillistes ont confié leur frustration face à ce qu’ils décrivent comme une atmosphère de « désorganisation » au sein de Downing Street. « On a eu l’impression d’assister à la fin des temps », a déclaré l’un d’eux sous couvert d’anonymat. Pourtant, évincer un chef du Parti travailliste reste une tâche ardue : toute motion de défiance nécessiterait le soutien d’au moins 20 % des députés, soit environ 80 élus.

Alors que la ministre des Finances Rachel Reeves prépare un budget susceptible d’inclure de nouvelles hausses d’impôts, le gouvernement espère apaiser les tensions internes et restaurer la confiance d’un électorat de plus en plus sceptique. Pour Keir Starmer, qui s’était présenté comme le garant du sérieux économique et de l’unité politique, cette nouvelle tempête constitue un test majeur pour sa crédibilité à la tête du Royaume-Uni.

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