"Routes au bord du gouffre" : les maires sonnent l'alarme et accusent l'État de les laisser tomber
« Routes au bord du gouffre » : les maires sonnent l’alarme et accusent l’État de les laisser tomber

L’Association des maires de France (AMF) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : les routes communales s’effondrent… et avec elles, la capacité des élus locaux à assurer un service public essentiel. En conférence de presse, ce mardi, l’AMF a dénoncé un « déséquilibre flagrant » entre les charges supportées par les communes et les miettes que leur reverse l’État.

Un réseau routier délabré, des ponts à l’abandon, des budgets à sec

Avec 717 000 kilomètres de routes et plus de 120 000 ponts à entretenir, les communes assument à elles seules près des deux tiers du réseau routier national. Un réseau de plus en plus coûteux à maintenir, notamment en raison du dérèglement climatique, mais dont l’État a détourné les recettes : taxes carburants, péages, amendes… « 45 milliards d’euros engrangés, à peine un milliard reversé aux communes », dénonce Frédéric Cuillerier, coprésident de la commission Transports de l’AMF.

La situation devient critique. Selon l’AMF, un pont sur trois nécessite des travaux, tandis que les normes toujours plus contraignantes imposées par l’État épuisent les capacités d’investissement des communes. Le risque ? Une mise en danger directe des usagers et une exposition pénale des maires en cas d’accident.

Face à cette fracture territoriale croissante, l’AMF réclame une réforme profonde du financement des infrastructures routières. Elle propose notamment de réaffecter une part des recettes issues de la route aux collectivités qui l’entretiennent, d’impliquer les opérateurs nationaux et de reverser aux communes une partie des amendes dressées par leur propre police municipale. Un cri d’alerte à l’approche de la conférence « Ambition France Transports » prévue le 5 mai.

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