BUCAREST — Le gouvernement roumain a survécu lundi à une motion de censure parlementaire, ouvrant la voie à l’adoption d’un ensemble de mesures fiscales controversées destinées à réduire son déficit budgétaire — le plus élevé de l’Union européenne.
Sous la direction du président par intérim Ilie Bolojan, l’exécutif a réussi à maintenir sa fragile majorité au Parlement, malgré des divisions croissantes au sein de la coalition au pouvoir.
Le plan fiscal adopté prévoit une hausse de la TVA, la suppression de certains allègements sur les droits d’accise, ainsi que la fin de l’exonération d’impôt sur les dividendes. L’objectif affiché est de réduire un déficit qui a franchi les 6 % du PIB, bien au-delà des plafonds européens.
Ces mesures ont provoqué de vives tensions au sein de la coalition, en particulier autour de l’impact social de la hausse de la TVA dans un contexte de ralentissement économique. Des syndicats et des partis d’opposition ont dénoncé un projet « antisocial » qui risque de pénaliser les ménages les plus vulnérables.
Certaines formations ont d’ores et déjà annoncé leur intention de saisir la Cour constitutionnelle, arguant que la procédure d’adoption a été précipitée et pourrait violer les droits fiscaux garantis par la Constitution.
Bolojan a défendu les mesures en affirmant qu’elles étaient « indispensables pour préserver la stabilité macroéconomique de la Roumanie et respecter nos engagements européens ».
Reste à voir si le gouvernement parviendra à contenir les tensions internes et sociales alors que des manifestations sont annoncées dans les prochains jours.