Malgré le retour de Trump et des vents contraires, pourquoi les défenseurs des énergies propres restent optimistes pour 2026
Malgré le retour de Trump et des vents contraires, pourquoi les défenseurs des énergies propres restent optimistes pour 2026

Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a profondément rebattu les cartes pour les énergies propres aux États-Unis. En 2025, le secteur a traversé une période jugée particulièrement difficile par de nombreux développeurs, experts et responsables politiques interrogés par l’Associated Press, alors que l’administration républicaine a affiché sa volonté de favoriser les énergies fossiles tout en freinant le développement de l’éolien et du solaire.

Dès les premiers mois de l’année, le ton a été donné. Donald Trump a multiplié les attaques contre les renouvelables, qualifiant notamment l’éolien et le solaire de « scam du siècle ». En juillet, le Congrès à majorité républicaine a adopté une vaste loi fiscale et budgétaire qui a supprimé ou fortement réduit les crédits d’impôt mis en place sous l’ère Joe Biden, bouleversant l’équilibre économique de nombreux projets d’énergies propres. Cette volte-face politique a provoqué un climat d’incertitude, aggravé par la hausse des coûts liée aux droits de douane et par l’affaiblissement de certaines chaînes d’approvisionnement.

Pour autant, le secteur n’a pas complètement décroché. Selon le cabinet Wood Mackenzie, le solaire et le stockage par batteries ont représenté 85 % des nouvelles capacités électriques raccordées au réseau américain au cours des neuf premiers mois de l’administration Trump. Leur succès s’explique par des coûts toujours plus compétitifs, une rapidité de déploiement et une demande en forte croissance, notamment pour alimenter les centres de données et limiter la hausse des factures d’électricité. « Il y a eu un effet de refroidissement, mais nous restons une industrie résiliente », résume Jorge Vargas, patron du développeur solaire Aspen Power.

D’autres filières ont également tiré leur épingle du jeu. Le nucléaire, soutenu aussi bien par démocrates que par républicains, a connu un regain d’intérêt, avec des projets de prolongation, de redémarrage de réacteurs et le développement de petits réacteurs modulaires. La géothermie a elle aussi bénéficié d’un contexte plus favorable : les crédits d’impôt ont été en grande partie préservés et les technologies continuent de mûrir, faisant de 2025 une année charnière pour le secteur.

À l’inverse, l’éolien offshore a subi de plein fouet la nouvelle orientation politique. L’administration Trump a stoppé des chantiers, révoqué des permis et suspendu l’attribution de vastes zones maritimes fédérales, provoquant un coup d’arrêt brutal à une industrie qui commençait tout juste à s’implanter aux États-Unis. Pour de nombreux acteurs, cette décision a décimé des projets pourtant jugés essentiels à long terme.

Malgré ce bilan contrasté, l’optimisme domine à l’approche de 2026. La demande d’électricité explose sous l’effet de la numérisation de l’économie, de l’essor de l’intelligence artificielle et des besoins industriels, rendant indispensable une montée en puissance rapide des capacités de production. Beaucoup estiment que les États fédérés joueront un rôle déterminant en accélérant les procédures de permis, en facilitant les raccordements au réseau et en allégeant certains coûts administratifs. Pour le sénateur démocrate Sheldon Whitehouse, les tentatives politiques de freiner les renouvelables « ne suffisent pas à compenser leurs avantages naturels ».

Dans ce contexte, les défenseurs des énergies propres parient sur la force des fondamentaux économiques. « Les bases n’ont pas changé : il existe une valeur massive dans les énergies propres », résume Ed Gunn, dirigeant du spécialiste du stockage Lunar Energy. Malgré une année 2025 marquée par des vents contraires, le secteur aborde donc 2026 avec la conviction que la pression de la demande et la logique du marché finiront par s’imposer.

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