L’Organisation internationale du travail (OIT) traverse une crise financière majeure qui pourrait entraîner la suppression de près de 300 postes, si les États-Unis et d’autres pays membres ne règlent pas rapidement leurs cotisations en retard, selon des documents internes consultés dimanche par Reuters.
L’agence onusienne, basée à Genève, a reconnu faire face à un problème de trésorerie « critique », lié à des retards de paiement de plusieurs États membres. Washington, l’un des plus importants contributeurs, n’a pas encore versé sa part pour l’année en cours, une situation qui fragilise gravement le fonctionnement de l’organisation.
Selon un porte-parole de l’OIT, jusqu’à 295 emplois pourraient être supprimés dans les prochains mois si les contributions ne sont pas versées. « Nous faisons tout pour éviter des licenciements involontaires », a précisé la direction, ajoutant que des mesures de réduction de coûts et le gel temporaire de certaines missions avaient déjà été engagés.
L’OIT, dirigée par Gilbert Houngbo, joue un rôle clé dans la promotion des droits des travailleurs et la régulation du marché du travail à travers le monde. Sa mission repose sur la coopération tripartite entre gouvernements, employeurs et syndicats.
Les difficultés de trésorerie surviennent alors que l’organisation est engagée dans plusieurs programmes essentiels, notamment sur le travail décent, la sécurité sociale universelle et la transition vers une économie verte. Une suspension prolongée du financement américain pourrait, selon les experts, compromettre ces initiatives.
Le directeur général Houngbo a lancé un appel urgent aux États membres pour qu’ils honorent leurs engagements financiers, rappelant que le mandat de l’OIT « repose sur la solidarité internationale et la responsabilité partagée ».