Le gouvernement britannique a annoncé lundi une nouvelle salve de sanctions visant la « flotte fantôme » russe, un réseau de navires pétroliers soupçonné de contourner les restrictions internationales imposées à Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine. Au total, 135 pétroliers ont été ajoutés à la liste noire, ainsi que deux entreprises russes opérant dans le secteur énergétique.
Les sanctions ciblent en particulier la compagnie maritime Intershipping Services LLC et le négociant pétrolier Litasco Middle East DMCC, deux entités considérées comme centrales dans l’organisation logistique du commerce pétrolier russe. Selon le ministère britannique des Affaires étrangères, ces navires et sociétés sont directement impliqués dans le transport de quelque 24 milliards de dollars de pétrole depuis le début de l’année 2024, en violation présumée des plafonds de prix et embargos en vigueur.
Le ministre des Affaires étrangères David Lammy a déclaré que ces mesures visaient à « affaiblir les capacités du Kremlin à financer sa guerre en Ukraine ». Il a également affirmé que le Royaume-Uni continuerait à traquer les flux occultes d’hydrocarbures russes à travers les réseaux maritimes et financiers. Ces sanctions interviennent alors que la Russie redouble d’efforts pour réorienter ses exportations énergétiques vers l’Asie et contourner les restrictions imposées par les pays occidentaux.
La « flotte fantôme » fait référence à un ensemble de navires — souvent enregistrés sous des pavillons de complaisance, assurés par des structures opaques et opérant hors des circuits maritimes officiels — utilisés pour dissimuler l’origine, la destination ou le contenu de cargaisons pétrolières. Ce système a permis à la Russie de continuer à exporter massivement son pétrole malgré les sanctions imposées après l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Selon Londres, ces nouvelles mesures visent également à dissuader les assureurs, les affréteurs et les intermédiaires financiers d’opérer avec des entités soupçonnées d’être impliquées dans ces activités. Des efforts de coordination sont en cours avec les États-Unis, l’Union européenne et d’autres partenaires du G7 pour renforcer la surveillance du commerce pétrolier mondial et bloquer les circuits de financement alternatifs utilisés par Moscou.
Cette initiative marque un durcissement significatif de la position britannique, à un moment où les exportations d’hydrocarbures restent la principale source de revenus de la Russie. En ciblant la logistique maritime et les réseaux commerciaux, Londres espère frapper au cœur de la machine économique qui alimente l’effort de guerre russe. Reste à savoir dans quelle mesure ces sanctions parviendront à entraver efficacement un système devenu depuis deux ans de plus en plus sophistiqué et clandestin.