Le Premier ministre lituanien Gintautas Paluckas a annoncé jeudi sa démission, cédant à la pression croissante liée à ses liens commerciaux controversés avec une entreprise appartenant à sa belle-sœur. Cette décision, qui survient en pleine tourmente politique, marque un coup dur pour le parti social-démocrate au pouvoir et relance les spéculations sur la stabilité de la coalition gouvernementale à Vilnius.
Dans un communiqué, Paluckas a reconnu que des « erreurs passées » avaient nui à l’efficacité de son gouvernement et affirmé avoir pris une « décision rapide et confiante » pour ne pas compromettre davantage l’action publique. Il a toutefois nié toute malversation, répétant ces dernières semaines qu’il n’avait rien fait d’illégal.
L’affaire au cœur du scandale concerne la vente de batteries électriques par une entreprise dans laquelle Paluckas détient des parts, à une autre société détenue par sa belle-sœur. La transaction aurait été réalisée dans le cadre d’un programme subventionné par une agence gouvernementale, soulevant de sérieuses questions de conflit d’intérêts. Les partis d’opposition ont vivement critiqué ce qu’ils estiment être un manquement éthique grave, même si aucune enquête judiciaire formelle n’a été ouverte à ce stade.
La démission de Paluckas ouvre une période d’incertitude politique. Son successeur devra être désigné par le parti social-démocrate, qui détient 52 sièges sur les 141 du Seimas, le Parlement lituanien. Or, la majorité repose sur une coalition fragile avec deux formations aux visions divergentes : le parti centriste Pour la Lituanie et le mouvement populiste Aube du Nemunas, notoirement en désaccord sur plusieurs dossiers clés.
Selon l’analyste politique Mazvydas Jastramskis, l’épreuve qui attend les sociaux-démocrates sera autant tactique que politique : « Obtenir le soutien simultané des deux partenaires de coalition ne sera pas simple. Cette crise pourrait accélérer les tensions internes et mener à une recomposition du paysage parlementaire. »
La Lituanie, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, s’est imposée ces dernières années comme un acteur régional actif, notamment sur les questions de sécurité face à la Russie. Mais cette démission inattendue montre que même dans un contexte géopolitique tendu, les enjeux de transparence et d’éthique gouvernementale restent au cœur des attentes citoyennes.