ACCRA, 23 juillet — Le Ghana a dévoilé mercredi une réforme ambitieuse de sa législation minière, visant à redistribuer plus équitablement les revenus de l’exploitation des ressources naturelles et à stimuler l’investissement local. Cette réforme, la plus importante depuis près de vingt ans dans le pays, prévoit notamment un raccourcissement des durées de licence et une obligation de partage direct des recettes avec les communautés locales.
Le ministre des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah Kofi Buah, a présenté ces mesures lors d’un discours à Accra. Selon lui, ces changements visent à garantir que les populations vivant à proximité des sites miniers bénéficient directement de l’exploitation de leurs ressources. « Ces communautés ont pendant trop longtemps été marginalisées alors qu’elles subissent les conséquences environnementales de l’activité minière », a-t-il déclaré.
La réforme prévoit également la suppression du renouvellement automatique de certaines licences minières, une pratique jusqu’alors courante. Toutefois, le ministre a précisé que les nouvelles règles ne s’appliqueront qu’aux futurs contrats. « Au Ghana, nous n’adoptons pas de lois rétroactives. Les accords existants sont consacrés et seront respectés », a-t-il affirmé, marquant ainsi une nette différence avec le Mali et le Burkina Faso, où des régimes militaires ont récemment imposé des modifications rétroactives aux contrats miniers.
Ces réformes s’inscrivent dans une dynamique plus large à travers l’Afrique de l’Ouest, où les gouvernements cherchent à mieux tirer parti de la hausse des cours mondiaux des matières premières, en particulier de l’or, dont le Ghana est l’un des principaux producteurs en Afrique.
La nouvelle législation devrait attirer l’attention des investisseurs, tout en répondant aux critiques croissantes sur les retombées limitées du secteur minier pour les populations locales. Reste à voir comment ces mesures seront mises en œuvre sur le terrain et si elles suffiront à rééquilibrer les bénéfices de l’exploitation minière entre les acteurs internationaux et les communautés ghanéennes.