La Nouvelle-Zélande lève l’interdiction d’exploration pétrolière instaurée par Jacinda Ardern
La Nouvelle-Zélande lève l’interdiction d’exploration pétrolière instaurée par Jacinda Ardern

Le Parlement néo-zélandais a adopté jeudi une loi mettant fin à l’interdiction de l’exploration pétrolière et gazière en mer, une mesure emblématique instaurée en 2018 sous le gouvernement de Jacinda Ardern. Ce revirement législatif ouvre la voie à une reprise des activités de prospection énergétique dans les eaux néo-zélandaises, en dehors de la région de Taranaki, au nord de l’île du Nord.

À partir de septembre, les entreprises du secteur pourront à nouveau soumettre des demandes de permis d’exploration offshore, selon les nouvelles dispositions votées par la majorité parlementaire actuelle. Le gouvernement justifie ce changement par la nécessité de renforcer la sécurité énergétique nationale, de stimuler l’investissement et de créer des emplois dans un contexte économique mondial incertain.

La décision marque une rupture nette avec la politique climatique de l’ère Ardern, qui avait fait de la lutte contre les énergies fossiles un axe central de son action. En 2018, la Première ministre travailliste avait annoncé l’interdiction de tout nouveau permis d’exploration pétrolière en mer, une initiative saluée à l’international comme un engagement fort en faveur de la transition énergétique et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les organisations environnementales ont rapidement dénoncé la décision du Parlement, y voyant un recul inquiétant pour les engagements climatiques du pays. Greenpeace Nouvelle-Zélande a qualifié ce vote de « trahison des générations futures » et appelé à une mobilisation citoyenne pour défendre la biodiversité marine et le climat.

Le gouvernement, de son côté, insiste sur le fait que toute nouvelle exploration devra répondre à des normes environnementales strictes. Il affirme également que la Nouvelle-Zélande continuera à investir dans les énergies renouvelables, mais qu’un mix énergétique diversifié reste nécessaire à court et moyen terme.

Ce revirement intervient alors que la pression énergétique augmente dans la région Asie-Pacifique et que plusieurs pays réévaluent leurs stratégies face à la demande croissante et aux incertitudes géopolitiques. Pour la Nouvelle-Zélande, le choix de relancer les forages en mer soulève des questions de fond sur la conciliation entre objectifs économiques immédiats et engagements climatiques de long terme.

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